Études de lexicologie arabe

 

De quelques termes du vocabulaire politique de

l’arabe moderne(1)

 

in memoriam Rémy Leveau

 

1. استقلال istiqlāl

Les dictionnaires bilingues d’arabe moderne s’accordent pour donner à ce mot le sens d’indépendance, parfois avec certains ajouts ou précisions : Reig ajoute autonomie, mot que Bercher traduisait lui aussi par استقلال istiqlāl mais à condition de qualifier cet استقلال istiqlāl de داخليّ dāḫiliyy ou محليّ maḥalliyy. Plus explicatif, Kazimirski ajoutait le sens de pouvoir indépendant d’un souverain. La forme X du verbe, toujours d’après Kazimirski, signifiait notamment s’emparer exclusivement de qqch (par ex. du pouvoir), et de là être souverain indépendant. Quant à Lane, il négligeait le masḍar mais disait de cette même forme verbale : He was independant or alone ; with no one to share, or participate with him ; he was independant of all others ; absolute. Enfin Belot empruntait ce dernier mot à Lane et sa formule à Kazimirski, ce qui donnait pouvoir absolu d’un souverain.

En bref, استقلال istiqlāl ne pose guère de problème de traduction. Seul les plus curieux se demandent peut-être quel rapport cette forme X peut bien entretenir avec les autres formes ou vocables de la racine قلّ √qll où il n’est pratiquement question que de paucité et de rareté, si, comme dans le dictionnaire de Reig, on fait l’impasse sur قلّة qulla sommet et qu’on traite à part, comme relevant d’une racine homonyme, le sémantisme du port ou transport, que Reig associe curieusement à قلّة qulla cruche, gargoulette, jarre. Plus prudent, Wehr reste fidèle à la tradition et conserve tous ces mots sous une même entrée, laissant aux lexicologues le soin de démêler l’écheveau.

Le sens donné par Kazimirski que nous avons retenu plus haut pour la forme X du verbe n’est que le treizième et dernier d’une intéressante liste où il est question de diverses actions dont le lien avec la notion d’indépendance ne s’impose pas d’emblée :

1. trouver, estimer qu’il y a peu, trouver que le nombre de personnes est petit

2. regarder avec dédain, tenir peu compte de

3. partir, s’en aller (hommes)

4. hisser sur ses épaules ou sur sa tête et porter (par ex. une cruche)

5. être haut, sublime, bien haut au-dessus de nos têtes (en parlant de la voûte des cieux)

6. grandir (plantes)

7. s’élever très haut dans les airs (oiseau)

8. s’enorgueillir, s’élever au-dessus de ses semblables

9. se rétablir et se lever (malade)

10. être saisi d’un tremblement

11. se mettre en colère

12. saisir qqn (tremblement)

On peut néanmoins faire assez aisément quelques regroupements autour de notions qui ne semblent pas avoir de rapport entre elles, ce qui nous amènera à reconnaître l’existence non pas d’une seule racine mais d’au moins trois racines قلّ √qll homonymes :

– Les sens 1 et 2 relèvent de la paucité, qui est le sémantisme dominant, le plus connu et le plus usuel de la racine قلّ √qll.1.

– Le sens 3 partir, s’en aller est isolé et demeurera inexpliqué, du moins dans le cadre de ce bref article.

– Les sens 10 à 12 relèvent de l’agitation, sémantisme de la racine قلّ √qll.2. On les rapprochera sans difficulté de deux autres racines construites sur la séquence QL : قلق qalaq trouble, inquiétude, agitation et قلقل qalqala remuer, agiter, produire un bruit. C’est également sous cette racine que nous placerons قلّة qulla cruche en raison d’un parallélisme sémantique récipient // bruit du liquide entrant dans ce récipient constaté dans d’autres paires :

جرّة ǧarra jarre // جرجر ǧarǧara produire une espèce de glouglou

قارورة qārūra bouteille – قرقار qarqār vase // قرقر qarqara roucouler (pigeon), grogner (chameau), glousser (coq), grouiller (ventre) – قرق qaraqa glousser (poule)

قبقب qabqab ventre // قبقب qabqaba faire entendre un bruit – بقبق baqbaqa produire le glouglou (bouteille)

– Les sens 4 à 9 relèvent de l’élévation, au propre et au figuré. Ce sera le sémantisme de la racine قلّ √qll.3. On peut les rapprocher d’un sens de قلّة qulla qui n’est pas donné par Reig, nous l’avons dit, mais qui l’est par tous les autres, à savoir celui de haut de la tête, cime d’une montagne, sommet. C’est à ce dernier sémantisme que se rattache également le treizième sens : s’emparer exclusivement de qqch (par ex. du pouvoir), et de là être souverain indépendant. Le sommet est le lieu du pouvoir : استقلّ istaqalla, c’est donc parvenir au sommet, c’est s’emparer du pouvoir laissé ou rendu vacant, et en être le seul détenteur. Au sommet, il n’y a pas de place pour deux. Un pays indépendant, c’est un pays dont le souverain ne reçoit d’ordres de personne, et surtout pas d’un gouvernement étranger. Que le peuple de ce pays soit libre est une autre histoire.

NB : Voir aussi notre étude La gorge et le cou, ou nous montrons comment les trois racines قلّ √qll peuvent être réduites à une seule.

 

Notes :

(1) Cet article est paru, malheureusement sans sa dédicace, dans Discours politique arabe : contraintes de traduction et de terminologie, sous la direction de Nejmeddine Khalfallah et Héla Najjar, PUN – Éditions universitaires de Lorraine, 2019.

2. نِزاع nizā‛

Conflit, contestation, discorde, controverse, démêlé, litige, lutte, dissension, différend, prise de bec, querelle : pour permettre à son lecteur de cerner le sens de ce mot, le dictionnaire de Reig, comme il le fait souvent, accumule les parasynonymes, ce qui peut aider les traducteurs mais aussi ajouter à la difficulté qu’ils ont alors de choisir le « bon » mot. Belot se limite à dispute, contestation, litige et Bercher, pour le verbe, donne le seul sens de contester (les droits de qqn).

Allons à la source de la racine. Le sens premier du verbe نزع naza‛a est retirer du puits le seau rempli d’eau. Par ce sémantisme ainsi que par sa construction sur la séquence NZ-, il est apparenté à un petit groupe de verbes dont le dénominateur commun est l’expression d’un mouvement de bas en haut, qu’il s’agisse de monter (au propre comme au figuré), de jaillir, de se remplir, de sauter ou bondir, et finalement de danser :

نزّ nazza avoir des sources d’eau jaillissantes à sa surface (sol) – IV. faire sortir l’eau à sa surface (terre)

نزا nazā u sauter, bondir ; renchérir, monter en prix (grains) – IV. faire saigner, faire perdre beaucoup de sang

نزج nazaǧa trépigner ; danser

نزح nazaḥa épuiser entièrement (un puits)

نزف nazafa épuiser entièrement (un puits)

نزق nazaqa sauter (cheval) – نزق nazaqa, naziqa se remplir, être rempli (vivier, vase)

نزل nazila croître, grandir (céréales)

Dans les deux verbes ci-dessous, la séquence NZ est cassée en deux mais toujours reconnaissable :

نفز nafaza se mettre à bondir et à courir (gazelle)

نقز naqaza bondir, faire des bonds en courant (gazelle)

Il apparaît alors clairement que la forme III de نزع naza‛a exprime l’idée que deux individus tirent une même chose chacun de son côté, l’arrachent de l’endroit où elle se trouvait pour tenter de se l’approprier. Chacun prétend être le seul autorisé à tirer et à garder pour lui la chose en question. Cette chose peut être un objet concret, un territoire ou une notion abstraite, comme le pouvoir ou le droit d’agir de telle ou telle façon. Vu sous cet angle, il semble bien que la traduction qui convienne le mieux à نِزاع nizā‛ soit effectivement celle de contestation.

3. إرهاب irhāb

Le mot apparaît pour la première fois chez Bercher en complément de سياسة siyāsa mais chez Wehr et chez Reig il assume à lui seul le sens de terrorisme, néologisme attesté pour la première fois en 1794, et pour cause ! Wehr ajoute le sens de sabotage, mais il ne sera pas suivi(2).

Le seul véritable problème posé par la racine رهب √rhb intéresse plus les lexicologues que les traducteurs : c’est un problème récurrent, celui de la polysémie de nombreuses racines ; celui, en l’occurrence, de la présence sous une même entrée de vocables relevant les uns de la menace ou de la peur, et les autres de la vie monacale. Le premier réflexe consiste à chercher un lien entre les deux sémantismes. C’est très exactement ce que fait Kazimirski en disant que le moine chrétien – sens de راهب rāhib – signifie proprement qui craint le monde. Pourquoi pas ? Ce n’est peut-être pas la bonne explication mais il ne faut pas la rejeter trop vite si l’on tient compte du fait qu’au sein de la racine ربط √rbṭ on trouve à la fois une forme qui a le sens de inquiéter, menacer le pays ennemi en se tenant avec une armée sur les frontières, et divers noms, adjectifs ou locutions nominales signifiant homme voué à la vie spirituelle, qui a renoncé aux choses de ce monde ; ascète, et qui ont abouti au français marabout, c’est à dire le personnage musulman qui se rapproche le plus du moine chrétien.

Quoi qu’il soit, en synchronie, le lien éventuel entre les deux sémantismes étant rompu depuis longtemps, il conviendrait de séparer nettement une racine رهب √rhb.1 menace, peur d’une racine رهب √rhb.2 vie monacale. Reig l’a fait pour certaines racines, mais pas pour celle-ci.

Nous avons traité ailleurs(3) du sémantisme de ربط √rbṭ, nous n’y reviendrons pas. Rappelons seulement que la racine رهب √rhb.1 s’y trouve en compagnie d’autres racines construites sur la très polysémique séquence RB qui ont elles aussi le sens de menacer, faire peur, avec les conséquences qui en découlent, avoir peur, craindre, redouter, être inquiet, effrayé, notamment

راب rāba i inquiéter qqn ; faire peur à qqn

ربص rabaṣa être imminent, menacer qqn

ربط rabaṭa – III. inquiéter, menacer le pays ennemi en se tenant avec une armée sur les frontières

رعب ra‛aba faire peur à qqn ; menacer, proférer des menaces ; avoir peur, être effrayé

 

Notes

(2) Notons que les résistants français qui se livraient à des actes de sabotage pendant la deuxième guerre mondiale étaient effectivement taxés de « terroristes » par l’armée allemande d’occupation.

(3) « Le lien et la menace » dans Le blog de Jean-Claude Rolland, 2016.

4. سيطرة sayṭara

Comme à son habitude, laissant au traducteur l’embarras du choix, Reig accumule pour le sens de سيطرة sayṭara les synonymes : domination, contrôle, empire, hégémonie, mainmise, maîtrise, possession, prédominance, prééminence, puissance, règne, supériorité, suprématie, mais il donne pour le verbe سيطر sayṭara une liste très utiles des objets ou notions avec lesquels il se construit. L’édition anglaise du dictionnaire de Wehr n’est guère moins prolixe pour le nom : rule, dominion, domination, command, supremacy, power, authority ; decisive influence ; control. Ici aucune locution verbale mais la forme dérivée de même sens تسيطر tasayṭara. Cette forme est aussi donnée par Bercher à la suite de سيطر sayṭara imposer son autorité à, dominer, maîtriser. Bercher ne cite pas le substantif. Ces trois auteurs ont de facto considéré ces mots comme relevant d’une racine quadrilitère autonome سيطر √syṭr.

Remontons dans le temps. Aussi bien pour Lane que pour Kazimirski, la racine سيطر √syṭr n’est pas autonome ; elle est placée sous la dépendance de سطر √sṭr, elle en est une extension, dirions-nous maintenant. Avec quelques différences entre les deux auteurs :

Kazimirski donne (p. 1088) au verbe سيطر sayṭara un autre sens que celui donné par Bercher : être préposé à la charge de qqch et tenir registre de qqch, et son participe مسيطر musayṭir qui tient registre de tout et gère avec soin les choses confiées à ses soins.

Mais on trouvera aussi, à leur place alphabétique normale,

– p. 1165, le verbe سوطر sawṭara, surveiller qqch, avoir soin de qqch, avec sa forme dérivée تسوطر tasawṭara, mêmes sens, plus ceux de régner, gouverner, commander, qui apparaissent enfin ;

– et p. 1176, à nouveau le verbe سيطر sayṭara pour lequel Kazimirski reprend et développe ce qu’il a dit sous سطر √sṭr : ce verbe a le sens de être préposé et chargé du soin d’une chose ; être l’intendant, l’inspecteur et sa forme II celui de être prince, souverain, régner sur qqn.

Lane, à l’instar des auteurs du Lisān et du Qāmūs, a quant à lui regroupé tous ces sens et formes sous l’entrée سطر √sṭr.

On entrevoit ce qui, de l’arabe classique à l’arabe moderne, a dû se passer : il a dû y avoir un verbe سيطر sayṭara avec le sens de surveiller, veiller sur, gérer, et un verbe سوطر sawṭara avec celui de dominer, régner sur. Avec le temps, ces formes ou leurs formes dérivées respectives auront été confondues et utilisées indifféremment l’une pour l’autre, puis سوطر sawṭara est devenu obsolète, laissant le champ libre à سيطر sayṭara qui a perdu son sens originel pour ne conserver que celui de la forme disparue. Quel échange de bons procédés ! Je garde ma forme mais avec ton sens ! Il faut reconnaître que passer d’un sens à l’autre n’a pas dû être une opération trop difficile, si l’on se réfère à l’anglais to control qui a bien les deux sens de surveiller et de maîtriser. Peut-être avons-nous là la clef d’une bonne traduction de سيطرة sayṭara : la maîtrise de qqch.

Quelle est l’origine de ces mots ? Rajki ignore d’où vient سيطر sayṭara, Bachmar ne sait analyser ni سوطر sawṭara ni سيطر sayṭara, et le Dictionnaire des racines sémitiques (DRS) n’a pas encore traité les racines à initiale s. Osons donc avancer l’hypothèse que la forme سوطر sawṭara pourrait être une extension de سوط sawṭ fouet par incrémentation du r final ; du fouet à la domination, le glissement sémantique semble aller de soi. Quant à la forme سيطر sayṭara, si l’on s’en tient au sens de tenir registre de qqch, qui doit être premier, elle pourrait tout aussi naturellement – comme l’avait, semble-t-il, supposé Kazimirski – être effectivement une extension sur le schème فيعل fay‛al – de سطر √sṭr écrire, faire des écritures, des lignes d’écriture. Le fouet et la plume. Où l’on voit que Kazimirski, en séparant les deux formes, contrevenait à la tradition mais en rapprochant une seule de سطر √sṭr, il était intuitivement peut-être plus proche de l’étymologie que Lane et les auteurs arabes du Moyen Âge.

5. هيمنة haymana

Bercher a probablement eu raison de donner hégémonie comme étant la meilleure traduction de هيمنة haymana. Wehr et Reig lui emboîteront le pas, même si, comme ils le font systématiquement, ils noient ce mot dans un flot de parasynonymes plus embarrassants que vraiment utiles. Le lecteur ne manque pas d’être frappé par la paronymie entre le mot arabe et son équivalent français, au point qu’il se demande peut-être si l’arabe ne serait pas un emprunt altéré du grec ἡγεμονία [hêgemonía] prééminence d'une cité, d'un état grec sur le reste de la Grèce, dérivé de ἡγεμών [hêgemôn] guide(4). Les mots français hégémonie et anglais hegemony étant, avec leur sens actuel, de création relativement récente – milieu du XIXe siècle –, leur équivalent arabe, du moins avec ce sens, ne doit pas être très vieux non plus. Il serait intéressant de savoir où, quand, par qui et pourquoi le mot هيمنة haymana a été choisi pour traduire cette notion.

D’après le Qāmūs, le Lisān et Kazimirski, il a bel et bien existé, en arabe classique

– un verbe هيمن haymana.1 qui avait le sens de agiter ses ailes au-dessus de ses petits (se dit d'une femelle d'oiseau) ; de là surveiller qqch, avoir l’œil à. D’où le participe مهيمن muhaymin ou muhayman qui garde, qui veille sur qqch, notamment en parlant de Dieu,

– et un verbe هيمن haymana.2 qui avait le sens de dire « amen ».

On voit qu’il y a effectivement loin des idées exprimées ci-dessus à la notion d’hégémonie. On peut d’ailleurs se poser la question : quand un arabophone musulman, même cultivé, utilise le mot هيمنة haymana, qu’a-t-il en tête : une notion politique propre à la Grèce antique ou un mot du Coran(5) ? Pense-t-il à ἡγεμονία ou à المهيمن al-muhaymin ?

Nous ne nous attarderons pas sur les rapports, affirmés par le Qāmūs, le Lisān et par Lane, entre هيمن haymana et أمن amana(6). Il est en effet assez plausible que le h alterne avec la hamza dans certaines circonstances. Le rapport est en tout cas évident pour le verbe هيمن haymana.2. Mais il y a d’autres rapprochements possibles :

– avec le verbe همّ hamma, très usuel, qui a le sens de préoccuper qqn et lui causer des soucis mais qui a eu aussi celui de fredonner (au-dessus de la tête d’un enfant pour l’endormir), ce qui n’est pas sans rappeler l’oiseau femelle agitant ses ailes au-dessus de ses petits, action exprimée par le verbe هيمن haymana.1. Si l’on rapproche de ces deux mots le nom هينمة haynama son, bruit léger, voix basse, on obtient un petit groupe de vocables formellement et sémantiquement apparentés qui pourraient bien avoir la même origine onomatopéique que les interjections françaises hem et hum et le verbe anglais to hum « fredonner, bourdonner ». Si notre hypothèse est juste, dans ces deux derniers mots construits sur le schème فيعل fay‛al, le n est un simple crément ajouté à la séquence radicale HM pour « fabriquer » du vocabulaire.

– et avec le nom هامة hāma, lexicalement isolé, qui a le sens de tête, sommet de la tête, chef d’une tribu, d’une famille, ce qui nous rapproche des notions de guide et d’hégémonie ; ce mot justifie à lui seul le choix de هيمنة haymana pour traduire cette dernière notion. Et c’est alors, on le voit, plutôt du verbe أمّ amma marcher en tête que ces deux mots demandent à être rapprochés, en tenant compte de la même alternance consonantique h / hamza signalée plus haut, et des mêmes rôles joués par y et par n que dans le cas précédent.

En résumé, il y aurait donc, selon nous, trois racines هيمن √hymn homonymes : la première apparentée à همّ hamma, la deuxième à أمن amana et la troisième, la seule encore usuelle, à هامة hāma. Pour هيمنة haymana comme pour أمّة umma et استقلال istiqlāl, on aura noté la place importante des métaphores de la tête dans le vocabulaire politique.

 

Notes

(4) TLF. Le lecteur peut aussi être tenté de rapprocher ce mot de همايونيّ humāyūniyy impérial, du persan humāyūn, même sens. (Rolland 2015).

(5) Sourate 59, verset 23.

(6) Pour Lane (comme d’après le Qāmūs et le Lisān) مهيمن muhaymin est une altération de مؤأمن mu’a’min > مؤمن mu’min rendering secure, attribut de Dieu, participe de la forme IV de أمن amana. Mais cette analyse nous semble inutilement compliquée.

Sources bibliographiques

– AL-FĪRŪZĀBĀDĪ (XIVe), Al-qāmūs al-muḥīṭ.

– BACHMAR, Karim, Les quadriconsonantiques dans le lexique de l’arabe, thèse de doctorat soutenue à École Normale Supérieure de Lyon en 2011. (En ligne).

– BELOT, Jean-Baptiste, Dictionnaire arabe-français « El-faraïd », Imprimerie catholique, Beyrouth, 1955.

– BERCHER, Léon, Lexique arabe-français avec un index français-arabe correspondant, Alger, Carbonel, 1953.

– DRS = Cohen, David, Dictionnaire des racines sémitiques ou attestées dans les langues sémitiques, Paris / La Haye, Mouton (fasc. 1 et 2), 1970 ; Louvain / Paris, Peeters fasc. 3 à 10, avec la collaboration de F. Bron et A. Lonnet), 1993-2012.

– IBN MANẓUR (XIIIe s.), Lisān al-ʿArab

– KAZIMIRSKI, A. de Biberstein, Dictionnaire arabe-français, Paris, Maisonneuve et Cie, 1860.

– LANE, Edward William, Arabic-English Lexicon, Londres, Willams & Norgate, 1863-1893.

– QURAN DICTIONARY: http://corpus.quran.com/qurandictionary.jsp.

– RAJKI, Andras, Arabic Etymological Dictionary, 2002.

– REIG, Daniel, Dictionnaire arabe-français français-arabe « As-Sabil », Paris, Librairie Larousse, 1983.

– ROLLAND, Jean-Claude, Étymologie arabe : dictionnaire des mots de l’arabe moderne d’origine non sémitique, Paris, L’Asiathèque, 2015.

– ROLLAND, Jean-Claude, « Le lien et la menace » dans Le blog de Jean-Claude Rolland, http://www.jclrolland.fr, 2016.

– TLF = Le Trésor de la Langue Française. http://www.cnrtl.fr/

– WEHR, Hans, A Dictionary of Modern Written Arabic, edited by J. Milton Cowan, Ithaca NY, Cornell University Press, 1966.