Études de lexicologie arabe

Auguste Rodin, "Le baiser"


« Cohabiter avec une femme »

 

 

Le vocabulaire de l’acte sexuel en arabe classique d’après les données du dictionnaire de Kazimirski[1]

 

 

Résumé

 

Ont été relevées dans le dictionnaire de Kazimirski plus de trois-cents verbes ou substantifs désignant principalement l’acte sexuel, et accessoirement le mariage. La plupart des racines de ces mots étant polysémiques, cette étude en propose une organisation sémantique fondée d’abord sur les dérivés des noms désignant les organes concernés, puis sur les diverses phases de cet acte, désignées soit explicitement soit implicitement par des métaphores suggestives révélées par la méthode des parallélismes sémantiques. Dans une deuxième partie, les racines du corpus font l’objet d’un classement morphologique s’appuyant essentiellement sur la théorie des radicaux, étymons et matrices.

 

Mots clés

 

arabe, vocabulaire, lexicologie, sémantique, morphologie, sexualité

 

Summary

 

In Kazimirski’s dictionary, there are to be found more than three hundred verbs or nouns which denote principally sexual activity and secondarily marriage, and of which most of the roots are polysemic: this study proposes a semantic organization of the corpus based first on the derivatives of words designating the sexual organs, then on the different stages of the act itself, which is designated either explicitly or implicitly through suggestive metaphors revealed by semantic parallelisms. The second part of the study offers a morphological classification of the corpus, based essentially on the Theory of radicals, etymons, and matrices.

 

Key words

 

arabic, vocabulary, lexicology, semantics, morphology, sexuality

 

 

 

 

Plan de l’étude

 

Introduction

 

Première partie : l’organisation sémantique du corpus

 

1. Les instruments de la procréation ou reproduction

 

1.1. L’organe sexuel mâle

1.2. Le sperme

1.3. L’organe sexuel femelle

 

2. Les phases de la procréation ou reproduction

 

2.1. L’érection

2.2. La pénétration

2.3. L’excitation

2.4. L’éjaculation

2.5. Le cri

 

3. Viol et violence

 

4. Mariage et défloration

 

5. Domination, puissance et possession

 

6. Copulations condamnables

 

7. Les racines vedettes du pluriparallélisme

 

8. Les racines monosémiques

 

Deuxième partie : le classement morphologique du corpus

 

1. Les étymons vedettes de la copulation

 

2. Les racines non ambigües

 

3. Les racines ambigües

 

4. Les racines quadriconsonantiques

 

Conclusion

 

Références

 

Annexe : Lettre ouverte à Jonas Sibony à propos de son article Les mots du mariage en langue arabe 

 

 

 

 

Introduction

 

 

Cohabiter / cohabitation avec une femme, c’est effectivement ce vieil euphémisme issu du latin d’Église cohabitare – d’ailleurs plus courant en anglais qu’en français – que Kazimirski utilise le plus souvent pour désigner l’acte sexuel des humains, concurremment avec d’autres euphémismes parasynonymes comme avoir commerce charnel ou forcer une femme, ou encore avec des termes plus précis et plus directs comme coït et copulation. Quant aux animaux mammifères, ils couvrent leurs femelles tandis que les oiseaux cochent les leurs. Pour nous en tenir strictement à notre sujet, nous avons écarté de notre recherche l’homosexualité, la sexualité des autres animaux et celle des végétaux, et la fécondation, notamment celle des palmiers qui occupe à elle seule une place relativement importante dans le lexique arabe.

 

L’usager du dictionnaire de Kazimirski ne peut manquer d’être frappé au fil des pages par le grand nombre de racines au sein desquelles une ou plusieurs formes – verbes ou substantifs – ont en charge la désignation de l’acte sexuel, quelle qu’en soit la traduction en français. Aussi avons-nous recensé ces formes – plus de trois cents [2]  – et observé leur environnement sémantique. Dans la première partie de cette étude, ces racines, pour la plupart polysémiques [3], font l’objet d’un classement sémantique dans lequel nous ne nous interdisons pas des remarques sur la morphologie, et dans la deuxième partie, d’un classement morphologique d’où nous n’excluons pas des remarques sur la sémantique.

 

Cette étude se voulant strictement linguistique, nous nous sommes abstenu de tout commentaire d’ordre sociologique, anthropologique ou psychanalytique. Nous nous limiterons ici à prévenir le lecteur qu’à de rares exceptions près, que nous avons signalées, le lexique arabe, tel qu’il est représenté dans notre dictionnaire de référence, fait de l’acte sexuel une opération essentiellement mâle, masculine, où la femme et la femelle n’ont qu’un rôle passif. Pour le reste, on verra que nos listes et parallélismes sémantiques sont suffisamment parlants et ne nécessitent donc que de brefs commentaires.

 

Comme la plupart de nos études précédentes, celle-ci doit autant – pour la première partie – à la méthode des parallélismes sémantiques utilisée avec efficacité par Michel Masson qu’à la théorie des étymons réversibles de Georges Bohas pour la deuxième. À l’un et à l’autre nous exprimons une fois de plus notre gratitude.

 

 

 

 

Première partie : l’organisation sémantique du corpus

 

 

 

1. Les instruments de la procréation ou reproduction

 

 

1.1. L’organe sexuel mâle / masculin

 

Verbes avec un sens sexuel

(Cf. fr. argot. bite > biter une femme)

 

La plupart des verbes sont probablement issus du nom, d’où l’ordre adopté dans la présentation du parallélisme.

 

أير ’ayr verge, pénis // أار ’āra i cohabiter avec une femme

جلد ǧald verge, pénis // جلد ǧalada violer, déflorer une fille

حرثة ḥurṯa bas du gland de la verge // حرث ḥarṯ cohabitation accompagnée de violence

خوق ḫūq fourreau de la verge du cheval // خاق ḫāqa u cohabiter avec une femme

دوقل dawqal verge, pénis // دوقل dawqala cohabiter avec une femme

شاقول šāqūl verge, pénis // شقل  šaqala avoir commerce charnel avec une femme [4] 

عسيل ‛asīl membre de la génération (de l’éléphant et du chameau) // عسل ‛asala cohabiter avec une femme

فيش fayš gland de la verge // فاش  fāša i couvrir la femelle (âne)

قزبر quzbur pénis long et gros // قزبر qazbara cohabiter avec une femme

كوش kūš extrémité du gland du pénis // كاش kāša couvrir une femelle

عتر ‛atr verge, pénis // عتر ‛atara cohabiter avec une femme

 

Racines attestées par le nom

 

– Le verbe correspondant existe mais il n’a pas un sens sexuel explicite :

 

رسوب rasūb gland de la verge // qui pénètre et s’enfonce (sabre tranchant)

 

Cette racine est probablement apparentée – par l’étymon réversible {r,s} [5] – aux racines suivantes, dont deux ont un verbe avec le sens de percer ou de couper, parallélismes dont nous retrouverons plus loin de nombreux cas :

 

بسر basara couvrir la femelle quand elle n’est pas encore en chaleur

درس darasa cohabiter avec une femme

دسر dasara cohabiter avec une femme // percer avec une lance

سرّ sirr cohabitation avec une femme // سرّ sarra u couper à l’enfant le cordon ombilical

عرس ‛arasa cohabiter avec une femme

غسر ġasara couvrir une femelle pendant qu’elle n’est pas en chaleur

 

زبّ zubb verge, pénis // زبّ zabba remplir (une outre) ; se couvrir d’écume [6] 

 

Cette racine est probablement apparentée – par l’étymon réversible {b,z} – aux racines suivantes, dont deux ont également un verbe avec le sens de remplir, et une troisième un parasynonyme du nom :

 

زكب zakaba cohabiter avec une femme // remplir (un vase)

طبز ṭabaza cohabiter avec une femme // remplir qqch

عزلب ‛azlaba cohabiter avec une femme

قزب qazaba voir souvent des femmes, cohabiter souvent

قزبر qazbara cohabiter avec une femme – قزبر quzbur pénis long et gros

 

– Seul le nom existe : عسّ ‛uss verge, pénis

 

Mais ce nom laisse supposer un * عسّ‛assa copuler potentiel ou disparu car il est évidemment apparenté par l’étymon réversible {s,‛} aux racines

 

عاس ‛āsa couvrir la femelle et la féconder de son sperme (chameau)

ساع sā‛a – IV. avoir une érection et une éjaculation du sperme

 

1.2. Le sperme

 

Il est difficile de savoir quel mot est issu de l’autre, mais plus probablement le verbe du nom. D’où l’ordre adopté dans la présentation du parallélisme. (Cf. fr. foutre, substantif et verbe, et angl. fuck > to fuck).

 

زكبة zakba sperme //  زكب zakaba cohabiter avec une femme

طرق ṭarq sperme d’un étalon //  طرق ṭaraqa couvrir la femelle (chameau)

عسب ‛asb sperme du chameau // عسب ‛asaba saillir, couvrir une femelle

عصد aṣd sperme // عصد ‛aṣada cohabiter avec une femme

عيس ‛ays sperme de l’étalon // عاس ‛āsa couvrir la femelle et la féconder de son sperme (chameau)

 

Notons également, en guise de transition avec ce qui suit,

 

شلخ šalḫ sperme (de l’homme) // parties naturelles de la femme

 

On retrouvera plus loin cette racine sous la forme شلخ šalaḫa pourfendre avec un sabre.

 

1.3. L’organe sexuel femelle / féminin

 

Des parallélismes assez explicites

 

بضع buḍ‛ parties de la génération de la femme // بضع baḍa‛a – III. cohabiter avec une femme

حرح ḥariḥ appartenant aux parties naturelles de la femme // homme adonné aux femmes

حفش ḥifš parties naturelles de la femme // حفش ḥafiša témoigner une grande affection à qqn (se dit surtout de la femme à l’égard du mari)

 

Au vu du parallélisme, et d’autres sens de la racine qu’on verra plus loin, cette « grande affection » a toutes les apparences d’un euphémisme. (Cf. fr. gâterie).

 

Deux racines attestées par le nom

 

Les verbes existent mais ils n’ont pas un sens sexuel explicite :

 

شكر šakr “parties naturelles de la femme” : le sens de “coït”  pour la même forme laisse supposer un sens “copuler” pour le verbe شكر šakara “produire des rejetons” [7].

 

كسّ kuss “parties honteuses de la femme” : laisse supposer une forme verbale *  كسّ kassa “copuler” potentielle ou disparue car le nom est évidemment apparentée par l’étymon {s,k} aux verbes كاس kāsa u et كاس kāsa i “cohabiter avec une femme”.

 

Porte d’entrée du sperme, le sexe de la femme ou de la femelle est aussi la porte de venue au monde du petit.

 

D’où le parallélisme copuler // mettre bas. C’est du moins notre interprétation.

 

أتى ’atā cohabiter avec une femme // mettre au monde

بطن baṭana – V. cohabiter avec une femme // VIII. mettre bas (chamelle)

رشأ raša’a cohabiter avec une femme // mettre bas (gazelle)

زكب zakaba cohabiter avec une femme // mettre bas son petit ; accoucher d’un enfant sans peine 

شطأ šaṭa’a cohabiter avec une femme // avorter, faire une fausse couche

طرق ṭaraqa couvrir la femelle (chameau) // II. avoir un enfantement, une parturition difficile

عرب ‛rbIV. copuler [8] // mettre au monde un garçon au teint arabe

غال ġāla i cohabiter avec une femme // IV. أغيل aġyala mettre bas deux fois dans le courant de la même année

فرع fara‛a déflorer une fille // IV. avoir, mettre bas ses petits (chamelle)

كشف kašafa – VIII. se coucher et se prêter à la cohabitation (femme) ; couvrir sa femelle (bélier) // IV. mettre bas pendant deux années consécutives

لتأ lata’a cohabiter avec une femme // accoucher d’un enfant

 

NB : Il y a d’autres mots pour désigner les organes sexuels de l’homme ou de la femme mais nous n’avons retenu que ceux qui offraient un parallélisme sémantique réel ou plausible avec une forme verbale ayant de façon plus ou moins explicite le sens de copuler.

 

 

 

2. Les phases de la procréation ou reproduction

 

 

2.1. L’érection

 

Une racine monosémique explicite

 

نعظ na‛aẓa être en érection (verge) – IV. éprouver un violent penchant sexuel – ناعوظ nā‛ūẓ qui se masturbe

 

Métaphore : être dur, se dresser

(Cf. ancien fr. le dru d’une dame, son ami intime, son amant)

 

شظّ šaẓẓa avoir des érections // II. lever et allonger la queue (chameau)

عتر ‛atara être en érection (verge) // devenir fort, solide (bois d’une lance)

عرد ‛ard qui est en érection (membre viril) // roide, dur et droit // عرد ‛arada – II. pénétrer de part en part une bête fauve (flèche)

قاسب qāsib pénis en érection // قسب qasuba être dur

قسح qasaḥa avoir une érection par suite d’un violent penchant sexuel // être très dur

قمد qamada – IV. avoir une érection // redresser et lever le cou

وتد watada – II. être en érection (pénis) ; éprouver des érections (homme) // être planté en terre, fiché (pieu)

ومز wamaza – V. se dresser (pénis) // I. avoir un tressaillement du nez

 

2.2. La pénétration

 

Verbe explicite :

 

لطف laṭafa – X. introduire la verge dans le vagin de la femelle

 

Deux verbes sémantiquement ambigus :

 

خلّ ḫalla pénétrer dans l’intérieur // percer, forer, trouer // fendre

 

On peut certes pénétrer d’autres lieux qu’un sexe féminin ou de femelle mais aussi bien les parallélismes sémantiques (percer, forer, trouer ; fendre) que de possibles apparentements formels constatés avec d’autres racines probablement construites sur l’étymon {ḫ,l} lèvent l’ambiguité :

 

جلخ ǧalaḫa violer une fille, cohabiter avec elle

خلج ḫalaǧa cohabiter avec une femme

خلط ḫalaṭa – III. cohabiter avec une femme

دخل daḫala cohabiter avec une femme

سلخ slḫسليخ salīḫ qui cohabite souvent avec les femmes sans les féconder

شلخ šalḫ sperme (de l’homme) ; parties naturelles de la femme – شلخ šalaḫa pourfendre avec un sabre

لخب laḫaba cohabiter avec une femme

ملخ malaḫa cohabiter avec une femme

 

زرف  zarafa – VII. pénétrer // marcher avec rapidité // I. faire un saut

 

De même que pour le verbe précédent, les parallélismes sémantiques (marche rapide, saut) et les possibles apparentements formels constatés avec d’autres racines construites sur l’étymon {z,f} lèvent l’ambiguité :

 

زفّ zaffa reconduire la mariée à la maison de son mari ; donner sa fille en mariage ; accélérer, se dépêcher, presser le pas – زفاف zifāf mariage, noces

حفز ḥafaza cohabiter avec une femme // faire marcher devant soi, pousser, suivre aussitôt, sans intervalle

ضفز ḍafaza cohabiter avec une femme // se mettre à courir ; sauter

 

Métaphore : copuler // ouvrir, écarter, élargir

(Cf. akkadien patū « ouvrir ; copuler »)

 

بلق balaqa violer, forcer une fille // ouvrir brusquement une porte

خاق ḫāqa u cohabiter avec une femme // II. élargir, dilater

دحّ daḥḥa cohabiter avec une femme // VII. s’élargir, se dilater

شرح šaraḥa forcer une femme // ouvrir la porte ; élargir, dilater

فتح fataḥa – III. cohabiter avec une femme // ouvrir ; conquérir une ville, un pays

فشح fašaḥa – V. cohabiter avec une femme // écarter les jambes

لحب laḥaba cohabiter avec une femme // frayer un chemin, le rendre large, spacieux

نهرج nahraǧa cohabiter avec une femme // نهرج nahraǧ ample, large, spacieux (chemin)

 

Métaphore : copuler // entrer, pénétrer

(Cf. fr. pénétrer une femme)

 

بطن baṭana – V. cohabiter avec une femme // entrer, pénétrer dans l’intérieur

جخجخ ǧaḫǧaḫa cohabiter avec une femme // pénétrer dans l’intérieur, au fond

خاق ḫāqa u cohabiter avec une femme // IV. s’enfoncer dans l’intérieur du pays

دخل daḫala cohabiter avec une femme // entrer

رسوب rasūb gland de la verge // qui pénètre et s’enfonce (sabre tranchant)

زكب zakaba cohabiter avec une femme // VII. entrer dans un souterrain

طرق ṭaraqa couvrir la femelle (chameau) // II. frayer le chemin

طسع ṭasa‛a cohabiter avec une femme // s’enfoncer dans l’intérieur des terres

غلّ ġalla cohabiter avec une femme // être inséré, introduit, entrer dedans

فشغ fašaġa – V. cohabiter avec une femme // V. entrer dans les maisons, se cacher entre les maisons

ولب walaba – V. être couverte par le mâle // pénétrer quelque part

 

2.3. L’excitation

 

Verbes explicites

 

هبّ habba frémir, tressaillir et se jeter avec impétuosité sur la femelle (bouc en rut) – être agité, se remuer

هبهب habhaba frémir, et se jeter avec impétuosité sur la femelle (bouc en rut) – II. être agité, secouer ; s’agiter çà et là

وغف waġafa s’agiter, se remuer (se dit surtout d’une femme pendant la cohabitation) [9] 

 

Métaphore : copuler // agiter, secouer, remuer, exciter

 

أار ’āra u forcer une femme, cohabiter avec elle // X. être violemment agité par la colère

أرّ ’arra cohabiter avec une femme // VIII. stimuler, exciter

أزّ ’azz coït //  أزّ ’azza agiter, secouer

باك bāka u cohabiter avec une femme // remuer le bâton dans l’ouverture de la source

حفش ḥafiša témoigner une grande affection à qqn (femme à l’égard du mari) – حفش ḥifš parties naturelles de la femme // IV. exciter, faire se dépêcher

خضخضة ḫaḍḫaḍa masturbation // bruit que l’eau agitée fait dans une outre qui n’est pas pleine

خلج ḫalaǧa cohabiter avec une femme // agiter, secouer, remuer

ذرا ḏarā X. couvrir la femelle // IV. exciter, pousser à qch

زفّ zaffa donner sa fille en mariage // IV. exciter, stimuler à une course plus rapide

زاج zāǧa u V. se marier (homme) // I. exciter l’un contre l’autre

طرّة ṭarra coït // طرّ ṭarra – IV. irriter, exciter qqn contre qqn

عرب ‛rbIV. copuler // lancer (un cheval) à la course

عسل ‛asala cohabiter avec une femme // être agité (eau, par le vent)

عصد ‛aṣada cohabiter avec une femme // remuer et retourner (le gruau que l’on fait bouillir)

قمّ qamma IV. couvrir la femelle (chameau) // VIII. agiter, secouer (charge sur le dos de la bête de somme)

محج maḥaǧa cohabiter avec une femme // remuer, secouer le lait pour en faire du beurre

مخج maḫaǧa cohabiter avec une femme // tirer à soi et secouer dans tous les sens (un seau dans un puits, pour le remplir)

معج ma‛aǧa forcer une fille // remuer un outil pointu dans qqch

نخج naḫaǧa cohabiter avec une femme // secouer dans tous les sens (un seau dans un puits, pour le remplir)

نشنش našnaša cohabiter avec une femme // agiter

هرج haraǧa cohabiter avec une femme // être dans une grande irritation par suite des grandes chaleurs (chameau)

هواس hiwās coït, copulation // هاس hāsa u – II. exciter un désir chez qqn

 

Métaphore : copuler // aller et venir

 

خاق ḫāqa u cohabiter avec une femme // IV. s’enfoncer dans l’intérieur du pays et le parcourir en tous sens

دجل daǧala cohabiter avec une femme // parcourir un pays dans tous les sens

طسع ṭasa‛a cohabiter avec une femme // parcourir un pays

عسّ ‛uss verge, pénis // عسّ ‛assa faire la ronde de nuit

عفق ‛afaq  mâle qui s’accouple coup sur coup avec la femelle // عفق ‛afaqa ne faire qu’aller et venir

فرع fara‛a déflorer une fille // IV. parcourir un pays dans tous les sens pour reconnaître le terrain

مسح masaḥa cohabiter avec une femme // traverser, parcourir, arpenter la terre

هواس hiwās coït, copulation //  هاس hāsa u roder pendant la nuit, faire une ronde de nuit

 

Métaphore : copuler // courir, marcher vite, se hâter

 

أرّ arra cohabiter avec une femme // VIII. se hâter, se dépêcher

بسر basara couvrir la femelle quand elle n’est pas encore en chaleur // accélérer, anticiper

بغى baġā i commettre la fornication ou l’adultère // être agile et rapide à la course

بكر bakara – VIII. déflorer une fille // بكر bakira se hâter

بلق balaqa violer, forcer une fille // marcher avec rapidité, presser le pas

جظّ ǧaẓẓa cohabiter avec une femme // courir vite

دمك damaka couvrir la femelle // passer rapidement (lièvre)

دمّ damma  couvrir la femelle // marcher vite

ذرا ḏarā – X. couvrir la femelle // partir, se mettre à courir (gazelle)

زخّ zaḫḫa cohabiter avec une femme // faire marcher d’un bon train

زدع zada‛a cohabiter avec une femme // مزدع mizda‛ agile et qui va vite en besogne

زفّ zaffa donner sa fille en mariage // accélérer, se dépêcher, presser le pas

سلق salaqa cohabiter avec une femme // courir

شمر šamara – IV. féconder une femelle // I. se dépêcher, marcher vite

شمل šamala cohabiter avec une femme // II. marcher avec rapidité

ضفز ḍafaza cohabiter avec une femme // se mettre à courir

عسل ‛asala cohabiter avec une femme // courir rapidement

عفج ‛afaǧa cohabiter avec une femme // إعفنجج i‛fanǧaǧa marcher vite, d’un pas accéléré

عفق ‛afaq mâle qui s’accouple coup sur coup avec la femelle // عفق ‛afaqa marcher, courir rapidement

فقم faqama cohabiter avec une femme // فقم faqima être très vif, ardent et agile

قبص qabaṣa couvrir la femelle // être vif et ardent (cheval)

لحب laḥaba cohabiter avec une femme // enfiler son chemin, c’est à dire passer tout droit et rapidement

معج ma‛aǧa forcer une fille // se dépêcher en marchant, accélérer le pas

ملخ malaḫa cohabiter avec une femme // marcher d’un pas vigoureux

ملق malaqa cohabiter avec une femme ; saillir une jument // marcher d’un pas vigoureux

مهك mahaka fatiguer, éreinter qqn (surtout une femme dans la cohabitation) // marcher vite, se dépêcher

نزازة nuzāza mâle très ardent au coït // نزّ nazza se mettre à courir (gazelle)

نزق nazaqa saillir une jument // dépasser les autres chevaux à la course

هرج haraǧa cohabiter avec une femme // courir beaucoup, sans cesse

هواس hiwās coït, copulation // هاس hāsa u marcher d’un pas ferme et vigoureux

ولب walaba – V. être couverte par le mâle // aller vite, se hâter, accélérer le pas

 

Métaphore : copuler // frotter, masser, polir, fourbir, toucher, palper

(Cf. fr. argot. frotter, frotti-frotta)

 

حدث ḥadaṯa – IV. commettre la fornication // III. polir, fourbir, rendre brillant (un sabre, un couteau)

داس dāsa u cohabiter avec une femme // polir, fourbir une lame

عاس ‛āsa couvrir la femelle et la féconder de son sperme (chameau) // II. masser

كبس kabasa cohabiter avec une femme – II. تكبيس takbīs commerce charnel contre nature // II. masser

لمس lamasa déflorer une fille  // toucher, palper avec la main

محج maḥaǧa cohabiter avec une femme // frotter et chiffonner pour assouplir

مسح masaḥa cohabiter avec une femme //  toucher, frotter, palper [10] 

مسّ massa III. cohabiter avec une femme //  toucher, frapper

مشن mašana cohabiter avec une femme // frotter

هكّ hakka abîmer une femme à force de cohabiter fréquemment avec elle //  frotter et réduire en poudre à force de frotter

 

Métaphore : copuler // téter, sucer

 

مصد maṣada cohabiter avec une femme //  téter, suçer, manger

مغد maġada avoir commerce charnel avec une fille // sucer, téter

ملق malaqa cohabiter avec une femme ; saillir une jument //  téter

مهج mahaǧa cohabiter avec une femme //  téter

 

Métaphore : copuler // enflammer, brûler

 

أار āra u forcer une femme, cohabiter avec elle // II. enflammer

أرّ arra cohabiter avec une femme // allumer le feu

أزّ azz coït // أزّ azza allumer le feu

حرق ḥaraqa – III. cohabiter avec une femme // brûler l’un l’autre

حشأ ḥaša’a cohabiter avec une femme // allumer le feu

دجل daǧala cohabiter avec une femme // brûler, livrer aux flammes

صلق ṣalaqa renverser une femme pour avoir commerce charnel avec elle // brûler, affecter gravement par l’intensité de la chaleur (soleil)

صهر ṣahara – III. avoir commerce charnel avec une femme // brûler

طنى ṭanā persister dans le vice, surtout dans le désordre charnel (adultère, fornication) // II. brûler dans le côté (feu intérieur dû à une violente soif)

محش maḥaša violer une fille // brûler au point de noircir (la peau)

 

 

2.4. L’éjaculation

 

Racines explicites

 

باظ bāẓa u injecter, lancer le sperme dans l’utérus [11] 

ساع sā‛a – IV. avoir une érection et une éjaculation du sperme

شهد šahada – II. avoir l’éjaculation du sperme sans coït, et seulement par suite de l’excitation causée par la vue d’une femme ou par sa voix.

طرح √ṭrḥ  مطرح miṭraḥ qui lance loin le sperme dans l’utérus (étalon vigoureux) // jeter, rejeter, lancer

ماه māha – IV. inonder de sperme l’utérus de la femelle

نزل nazala – IV. avoir une éjaculation du sperme (mâle)

هلوك halūk qui a l’éjaculation du sperme avant le coït

 

Métaphore : copuler // jeter, lancer

 

حطأ ḥaṭa’a cohabiter avec une femme // jeter l’écume (marmite en ébullition)

دحا daḥā u forcer une femme, cohabiter avec elle // jeter, lancer

ذرا ḏarā – X. couvrir la femelle // jeter en dispersant (semeur)

ركّ rakka cohabiter avec une femme // jeter une chose sur une autre

زبّ zubb verge, pénis // زبّ zabba se couvrir d’écume

طخّ ṭaḫḫa cohabiter avec une femme // jeter, rejeter, ôter

طرق ṭaraqa couvrir la femelle (chameau) // jeter des caillous pour en tirer des augures

قضّ qaḍḍa – VIII. déflorer une fille // jeter qqch de sec (dans un mets)

لتأ lata’a cohabiter avec une femme // lancer une pierre sur qqn

 

Métaphore : copuler // couler, laisser couler, arroser

(Cf. akkadien reḫū)

 

بغى baġā i commettre la fornication ou l’adultère // verser une pluie abondante

بلّ balla commettre l’adultère // humecter, mouiller

جخّ ǧaḫḫa cohabiter avec une femme // lâcher, faire couler, faire jaillir en filets

حفش ḥafiša témoigner une grande affection à qqn (femme à l’égard du mari) – حفش ḥifš parties naturelles de la femme // حفش ḥafaša traire

خباط ḫibāṭ coït, copulation (animaux) // avoir le rhume de cerveau commun au commencement de l’hiver [12] 

دسم dasama cohabiter avec une femme // arroser légèrement le sol (pluie)

دعب da‛aba cohabiter avec une femme // couler

ذرا ḏarā – X. couvrir la femelle // IV. verser des larmes (yeux)

ركّ rakka cohabiter avec une femme // laisser tomber une pluie fine

زخّ zaḫḫa cohabiter avec une femme // lâcher l’urine

سفح safaḥa – III et VI. commettre la fornication // I. verser, répandre (l’eau, le sang) ; couler (larmes)

سني sanya – V. couvrir la femelle (chameau) // سنا sanā u arroser le champ (en tournant la roue hydraulique)

شكر šakr coït ; parties naturelles de la femme // شكر šakira avoir du lait en abondance

طرق ṭaraqa couvrir la femelle (chameau) // طريقة ṭarīqa rigole, ruisseau

طشأ ṭaša’a cohabiter avec une femme // IV. être enrhumé du cerveau

عرب ‛rbIV. copuler // عريب ‛ariyb grande quantité d'eau

غلّ ġalla cohabiter avec une femme // couler, pénétrer (eau)

فجر faǧara se livrer à la fornication // donner une issue à l’eau et la faire couler

فرع fara‛a déflorer une fille // V. découler et se ramifier

فضا faḍā – IV. estropier une femme par la violence du coït au point de lui déchirer le périnée // فضاء fiḍā’ eau qui se répand et coule sur une plaine

فضّ faḍḍa – VIII. déflorer une fille // verser, répandre (larmes)

قاسب qāsib pénis en érection // قسب qasaba couler (eau)

قمر  qamira – V. s’introduire chez une femme et avoir commerce avec elle pendant la nuit, surtout par un clair de lune // I. être décousu ou crevé en sorte que l’eau s’écoule (outre)

نزازة nuzāza mâle très ardent au coït // نزّ nazza avoir des sources d’eau (terrain)

نكح nakaḥa cohabiter avec une femme ; prendre femme, contracter mariage // humecter (se dit de la pluie qui arrose le sol)

 

Métaphore : copuler // remplir, couvrir, envahir

(Cf. fr. argot. fourrer, bourrer une femme, se farcir une femme)

 

أتى atā cohabiter avec une femme // envahir

جلخ ǧalaḫa violer une fille, cohabiter avec elle // inonder une vallée (torrent)

حبل ḥabala – IV. rendre grosse, enceinte (une femelle) // être plein

دأم da’ama – V. couvrir la femelle // V. couvrir, envelopper de toutes parts

دجا daǧā couvrir la femelle // couvrir, envelopper

دعس da‛asa cohabiter avec une femme // remplir (un vase)

دهم dahama – V. couvrir la femelle // couvrir, envelopper (eau)

زبّ zubb verge, pénis // زبّ zabba remplir une outre

زكب zakaba cohabiter avec une femme // remplir (un vase)

سغم saġama cohabiter avec une femme // سغم suġima avoir le ventre plein

سنم sanama – V. couvrir la femelle (chameau) // II. remplir (un vase)

شكر šakr coït // IV. être remplis de lait (pis)

شمل šamala cohabiter avec une femme // شمل šamila envelopper, couvrir

طبز ṭabaza cohabiter avec une femme // remplir qqch

عمرة ‛umra cohabitation du mari avec sa femme, nouvellement mariée, dans la maison des parents de le femme // II. remplir un lieu de monde

غال ġāla i cohabiter avec une femme // VIII. remplir, encombrer

غشي ġašiya cohabiter avec une femme // couvrir, envelopper qqn

غلّ ġalla cohabiter avec une femme // couvrir

فشغ fašaġa – V. violer une fille // envelopper, envahir, couvrir

كبس kabasa cohabiter avec une femme // farcir, remplir, bourrer

كشأ kaša’a forcer une femme // كشئ kaši’a se remplir de mangeaille, être repu

نزق nazaqa saillir une jument // se remplir, être rempli

 

2.5 Le cri

 

Métaphore : copuler // crier (ambigu : joie ou douleur ? Orgasme ?)

 

أرّ ’arra cohabiter avec une femme // crier

جخجخ ǧaḫǧaḫa cohabiter avec une femme // crier

صلق ṣalaqa renverser une femme pour avoir commerce charnel avec elle // pousser un grand cri

ضغب ḍaġaba cohabiter avec une femme // se cacher et imiter la voix du loup pour faire peur

ظأب ẓa’aba se marier // crier, beugler comme un bouc

ظأم ẓa’ama cohabiter avec une femme // ظأم ẓa’m cri, clameur

قاع qā‛a couvrir la femelle // قوّاع qawwā‛ qui hurle (loup)

نزازة nuzāza mâle très ardent au coït // نزّ nazza crier

يعارة ya‛āra arrivée d’un étalon auprès d’une femelle avec l’intention de la couvrir // يعر ya‛ara bêler

 

 

 

3. Viol et violence

 

 

 

Une fausse apparence de tendresse :

 

لعز la‛aza cohabiter avec une femme // lécher (son petit)

 

Par son sens sexuel, ce verbe – unique représentant de la racine – semble apparenté par l’étymon {z,‛} aux racines synonymes عزج ‛azaǧa, عزد ‛azada, عزر ‛azara “cohabiter avec une femme”, etc.

 

Mais par son autre sens, lécher (son petit), il relève de la matrice « langue » et en particulier de l’étymon {z,l}. (Voir Bohas et Saguer, p. 51 sq.).

 

Plutôt que de deux acceptions pour un même verbe, il semble bien que nous soyons en présence de deux verbes homonymes, ce qui est confirmé par le fait que nous n’avons trouvé aucune autre racine présentant l’association copulation // tendresse.

 

Nous verrons plus loin que la joie et le jeu accompagnent parfois l’acte sexuel, mais ce qui caractérise le plus cet acte, et de loin, c’est – comme on va maintenant le constater – la violence du macho [13].

 

Les racines explicites

 

أار ’āra u forcer une femme, cohabiter avec elle

أتم ’atama – II. forcer une femme et abîmer ses parties naturelles par la violence du coït

بلق balaqa violer, forcer une fille

جلخ ǧalaḫa violer une fille, cohabiter avec elle

جلد ǧalada violer, déflorer une fille

حرث ḥarṯ cohabitation accompagnée de violence

حطر ḥaṭara violer une fille

خضر ḫaḍara – VIII. violer une mineure

دحا daḥā u forcer une femme, cohabiter avec elle

دحب daḥaba forcer une fille et cohabiter avec elle

دحج daḥaǧa forcer une fille et cohabiter avec elle 

دحم daḥama forcer une femme, cohabiter avec elle 

دخم daḫama forcer une femme 

ذعج ḏa‛aǧa forcer une fille et cohabiter avec elle 

ذغّ ḏaġġa forcer une fille et cohabiter avec elle 

رهك rahaka fatiguer une femme par la fréquence ou la violence du coït

شرح šaraḥa forcer une femme

صلق ṣalaqa renverser une femme pour avoir commerce charnel avec elle

عفص ‛afaṣa forcer une femme

فشغ fašaġa – V. violer une fille 

فضا faḍā – IV. estropier une femme par la violence du coït au point de lui déchirer le périnée

قحم qaḥama – VIII. se jeter brusquement sur les femelles qui se trouvent sur le chemin, pour les couvrir

قمطر qamṭara violer une fille

قنطر qanṭara forcer une fille

كشأ kaša’a forcer une femme

محش maḥaša violer une fille 

محن maḥana forcer une fille 

معج ma‛aǧa forcer une fille 

مهك mahaka fatiguer, éreinter qqn (surtout une femme dans la cohabitation)

هقّ haqqa cohabiter avec une femme avec violence 

هكّ hakka abîmer une femme à force de cohabiter fréquemment avec elle

(Trouvé en outre dans le DRS [14], fasc. 2, p. 51, BWḤ : باح bāḥa u – IV. violenter une femme).

 

Métaphore : copuler // assaillir (cf. saillir), sauter

(Cf. fr. argot. sauter une femme, akkadien šaḫāṭū « sauter ; copuler »)

 

بغى baġā i commettre la fornication ou l’adultère // sortir d’une embuscade et fondre sur sa proie

حنبس ḥanbasa couvrir une femelle // sauter, sautiller

زخّ zaḫḫa cohabiter avec une femme // faire un saut

زرف zarafa – VII. pénétrer // I. faire un saut

سبع saba‛a III. cohabiter avec une femme // I. assaillir

سنم sanama V. couvrir la femelle (chameau) // V. surprendre qqn, saisir à l’improviste

طبر ṭabara couvrir une jument (étalon) // sauter sur qqch

طرق ṭaraqa couvrir la femelle (chameau) // assaillir qqn pendant la nuit

غفق ġafaqa aborder la femelle coup sur coup pour la couvrir // se ruer en foule sur qqch

فتك fataka cohabiter avec une femme //  attaquer

فجأ faǧa’a cohabiter avec une femme // fondre sur qqn à l’improviste

فرع fara‛a déflorer une fille // V. attaquer et vaincre une tribu

قضّ qaḍḍa VIII. déflorer une fille // VII. se répandre de tous côtés et tomber sur l’ennemi

نزا nazā couvrir une femelle // sauter, faire un saut

 

Métaphore : copuler // renverser, jeter à terre

(Cf. fr. argot. tomber une femme)

 

جخجخ ǧaḫǧaḫa cohabiter avec une femme // jeter par terre, renverser

جظّ ǧaẓẓa cohabiter avec une femme // renverser, jeter à terre

حلأ ḥala’a cohabiter avec une femme // renverser, jeter qqn à terre

دمّ damma couvrir la femelle // jeter par terre, renverser

سلقى salqā cohabiter avec une femme // renverser qqn sur le dos

كاس kāsa u cohabiter avec une femme // renverser

نحت naḥata cohabiter avec une femme // renverser qqn par terre

وقط waqaṭa cocher la femelle (coq) // jeter qqn avec violence par terre

 

Métaphore : copuler // fouler aux pieds

 

حرث ḥarṯ cohabitation accompagnée de violence // grand chemin bien frayé et foulé par les pieds des bêtes

حاز ḥāza u cohabiter avec une femme // III. fouler aux pieds

داس dāsa u cohabiter avec une femme // fouler le sol avec les pieds

دعب da‛aba cohabiter avec une femme // fouler et frayer le sentier à force de marcher

دعس da‛asa cohabiter avec une femme // fouler fortement avec les pieds

ضهز ḍahaza cohabiter avec une femme // fouler aux pieds avec violence

وثر waṯara entrer souvent en copulation avec des femelles sans les féconder // aplatir, fouler

 

Métaphore : copuler // tirer à soi, traîner

(Cf. fr. une traînée, esp. tirarse a une mujer)

 

ثمد ṯamada épuiser un homme par la cohabitation trop fréquente (se dit d’une femme d’un tempérament ardent) // puiser jusqu’à épuiser

خلج ḫalaǧa cohabiter avec une femme // tirer à soi une chose ou une personne

متر matara cohabiter avec une femme // VI. tirer chacun de son côté, tirailler

مخج maḫaǧa cohabiter avec une femme // tirer à soi et secouer dans tous les sens (un seau dans un puits, pour le remplir)

مخن maḫana cohabiter avec une femme // tirer, puiser de l’eau

مطا maṭā cohabiter avec une femme // tirer, traîner

معط ma‛aṭa cohabiter avec une femme // tirer le sabre du fourreau

ملخ malaḫa cohabiter avec une femme // tirer à soi avec force

مهن mahana cohabiter avec une femme // tirer à soi avec force

نخب naḫaba cohabiter avec une femme // tirer, arracher

 

Métaphore : copuler // pousser (par derrière), faire marcher devant soi [15] 

 

جظّ ǧaẓẓa cohabiter avec une femme // chasser, donner la chasse, faire aller devant soi

حاز ḥāza u cohabiter avec une femme // faire marcher devant soi

حفز ḥafaza cohabiter avec une femme // faire marcher devant soi

دحّ daḥḥa cohabiter avec une femme // pousser en donnant un coup sur la nuque

ذأى ḏa’ā u cohabiter avec une femme // pousser vigoureusement et faire marcher devant soi

ذحا ḏaḥā cohabiter avec une femme // pousser vigoureusement et faire marcher devant soi

طرّة ṭarra coït // طرّ ṭarra pousser vigoureusement devant soi, faire marcher d’un pas accéléré

عزج ‛azaǧa cohabiter avec une femme // pousser pour faire marcher

مطا maṭā  cohabiter avec une femme // faire marcher rapidement sa bête de somme

نجر naǧara cohabiter avec une femme // faire marcher devant soi

 

Métaphore : copuler // frapper, donner un coup, (se) battre... 

(Cf. fr. argot. se taper une femme, tirer son coup, avoir la trique, angl. to knock a woman)

 

NB : En nombre de racines concernées, cohabiter // frapper est la vedette des parallélismes sémantiques. (D’autant plus si l’on ajoute à la liste ci-dessous les trois suivantes.) Qu’on en juge :

 

بطن baṭana – V. cohabiter avec une femme // I. frapper le ventre ou frapper qqn au ventre

حتأ ḥata’a cohabiter avec une femme // frapper

حشأ ḥaša’a cohabiter avec une femme // cingler qqn d’un coup de fouet sur les flancs et le ventre

حلأ ḥala’a cohabiter avec une femme // frapper d’un sabre, d’un fouet

خباط ḫibāṭ coït, copulation (animaux) // frapper la terre d’un pied de devant

خبج ḫabaǧa cohabiter avec une femme // frapper qqn d’un bâton

خجأ ḫaǧa’a cohabiter avec une femme // frapper qqn

دمّ damma couvrir la femelle // administrer une correction ; battre à plate couture

رجل raǧala  couvrir une femelle // frapper qqn au pied

ردع rada‛a cohabiter avec une femme // cogner sa flèche contre un corps dur pour en faire mieux entrer le bois dans la ferrure

رصع raṣa‛a cohabiter avec une femme // taper, frapper

زكأ zaka’a cohabiter avec une femme // frapper qqn

ساف sāfa u – III. cohabiter avec une femme // I. frapper avec un sabre

سبع saba‛a – III. cohabiter avec une femme // I. frapper

سلق salaqa cohabiter avec une femme // frapper

شلق šalaqa avoir commerce charnel avec une fille // frapper avec un fouet

صلق ṣalaqa renverser une femme pour avoir commerce charnel avec elle // frapper avec un bâton

ضاك ḍāka couvrir la femelle (cheval) // VIII. se battre, combattre avec acharnement

ضرب ḍaraba couvrir la femelle  frapper, battre

ضفز ḍafaza cohabiter avec une femme // donner un coup avec la main ou le pied

ضفن ḍafana cohabiter avec une femme // donner à qqn un coup de pied dans le derrière

طرّة ṭarra coït // طرّ ṭarra souffleter qqn

طرق ṭaraqa couvrir la femelle (chameau) // frapper

عذر ‛aḏara déflorer une vierge // IV. occasionner des contusions, des traces de coups à qqn

عزر ‛azara cohabiter avec une femme // II. administrer une correction

عفج ‛afaǧa cohabiter avec une femme // frapper, battre

عفق ‛afaq mâle qui s’accouple coup sur coup avec la femelle // عفق ‛afaqa fouetter et disperser (vent)

غسل ġasala entrer en coït, en cohabitation plusieurs fois, coup sur coup // rouer qqn de coups

فرع fara‛a déflorer une fille // frapper (avec un bâton)

فطأ faṭa’a cohabiter avec une femme // frapper qqn sur le dos

قحط qaḥaṭa – IV. cohabiter avec une femme // I. battre, frapper qqn avec force

قرع qara‛a couvrir la femelle – VIII. déflorer une fille // frapper, battre

قفش qafaša cohabiter avec une femme // frapper qqn avec un bâton ou un sabre

لتح lataḥa cohabiter avec une femme // frapper, taper qqn avec la main

لحب laḥaba cohabiter avec une femme // porter à qqn un coup de sabre

لخب laḫaba cohabiter avec une femme // souffleter qqn

متخ mataḫa cohabiter avec une femme // frapper

متن matana cohabiter avec une femme // frapper

محز maḥaza cohabiter avec une femme // donner à qqn un coup de poing

مسح masaḥa cohabiter avec une femme // frapper

مسّ massa – III. cohabiter avec une femme // frapper

مطح maṭaḥa cohabiter avec une femme // frapper avec la main

مقط maqaṭa cocher une femelle // frapper qqn d’un coup de bâton ou d’une corde courte fortement tordue

نقع naqa‛a déflorer une fille // IV. donner une chiquenaude à qqn

وجأ waǧa’a cohabiter avec une femme // frapper qqn avec un couteau ou avec la paume de la main

وقط waqaṭa cocher la femelle (coq) // rouer qqn de coups

وقع waqa‛a  – III. avoir un commerce charnel avec une femme // frapper, battre avec un marteau

وكع waka‛a – III. cocher la femelle (coq) // frapper

 

Métaphore : copuler // couper, fendre, broyer, dévorer, déchirer, briser...

 

بضع baḍa‛a – III. cohabiter avec une femme // couper, fendre

حرث ḥarṯ cohabitation accompagnée de violence // labourage

حلأ ḥala’a cohabiter avec une femme //  broyer du collyre

خجّ ḫaǧǧa cohabiter avec une femme // déchirer, fendre

خلّ ḫalla pénétrer dans l’intérieur // fendre

خنع ḫana‛a commettre la fornication, l’adultère // II. couper qqch avec une hache

داك dāka u cohabiter avec une femme // broyer (des parfums, des couleurs)

دمك damaka couvrir la femelle // moudre 

ذحّ ḏaḥḥa cohabiter avec une femme //  broyer ; fendre (du bois)

ذرا ḏarā – X. couvrir la femelle // briser, casser

ذلغ ḏalaġa cohabiter avec une femme // manger qqch de tendre

رسوب rasūb gland de la verge // qui pénètre et s’enfonce (sabre tranchant)

ساف sāfa u – III. cohabiter avec une femme //  IV. déchirer (alène)

سرّ sirr cohabitation avec une femme – mariage //  سرّ sarra u couper à l’enfant le cordon ombilical

شبر šabara couvrir une femelle // déchirer ou couper en long

شلخ šalḫ sperme (de l’homme) – parties naturelles de la femme // شلخ šalaḫa pourfendre avec un sabre

شلق šalaqa avoir commerce charnel avec une fille // fendre une chose en long

طحر ṭaḥara cohabiter avec une femme // enlever le prépuce

طرّة ṭarra coït // طرّ ṭarra fendre, pourfendre ; couper

عتر ‛atara cohabiter avec une femme // égorger une brebis comme victime

عرب ‛rb – IV. copuler // II. émonder un palmier ; faire une incision à un mulet

عرف ‛arafa connaître, voir une femme, avoir commerce charnel avec une femme [16] // couper la crinière à un cheval

غدف ġadafa – IV. cohabiter avec une femme // enlever, ôter le prépuce

فضّ faḍḍa – VIII. déflorer une fille // casser, rompre, briser

قضّ qaḍḍa – VIII. déflorer une fille // broyer

قفش qafaša cohabiter avec une femme // manger qqch avec avidité

قمّ qamma – IV. couvrir la femelle (chameau) // manger, dévorer qqch

لحب laḥaba cohabiter avec une femme //  couper des viandes en long morceaux

متر matara cohabiter avec une femme // couper

مرأ mara’a cohabiter avec une femme //  manger qqch

نحت naḥata cohabiter avec une femme // tailler et enlever par une incision

هبّ habba frémir, tressaillir et se jeter avec impétuosité sur la femelle (bouc en rut) // trancher, couper (sabre)

هبهب habhaba frémir, et se jeter avec impétuosité sur la femelle (bouc en rut) // égorger (un mouton)

هتك hataka déflorer une fille // déchirer (voile, rideau)

هواس hiwās coït, copulation // هاس hāsa u concasser, briser ; manger, avaler qqch avec avidité

 

NB : On aura remarqué que, contrairement à ce que suppose Jonas Sibony (2016) dans la dernière partie de son article, la circoncision n’est – dans la liste ci-dessus – qu’une forme de « coupure » parmi d’autres, et qu’elle est, de toutes façons, en parallèle sémantique avec la copulation en général et non avec le seul mariage.

 

Métaphore : copuler // percer, enfoncer (Cf. fr. argot. enfiler, tringler une femme, angl. to screw a woman, akkadien naqābu « percer ; copuler » [17])

 

حشأ ḥaša’a cohabiter avec une femme // embrocher qqn, percer le ventre d’une flèche

حفز ḥafaza cohabiter avec une femme // percer avec une lance

خاش ḫāša u cohabiter avec une femme //  percer, transpercer qqn

خلّ ḫalla pénétrer dans l’intérieur // percer, forer, trouer

خلج ḫalaǧa cohabiter avec une femme // percer, transpercer qqn

داك dāka u cohabiter avec une femme // enfoncer, plonger qqch dans l’eau ou dans le sable

دسر dasara cohabiter avec une femme // percer avec une lance

دعس da‛asa cohabiter avec une femme // percer avec une lance

ردع rada‛a cohabiter avec une femme // faire entrer un clou, clouer

رصع raṣa‛a cohabiter avec une femme // porter un coup de lance

ساف sāfa u – III. cohabiter avec une femme // IV. percer (alène)

سغم saġama cohabiter avec une femme //  IV. faire pénétrer le coup ou le mal jusqu’au cœur

سفد safada couvrir la femelle – VI. être en coït, en copulation // embrocher

سلق salaqa cohabiter avec une femme // percer qqn avec une lance

سلقى salqā cohabiter avec une femme // porter à qqn un coup de lance

شكز šaqaza avoir commerce charnel avec une femme // porter un coup avec un corps pointu

عرد ‛ard qui est en érection (membre viril) // pénétrer de part en part une bête fauve (flèche)

قضّ qaḍḍa – VIII. déflorer une fille // percer, perforer (une perle)

كاس kāsa u cohabiter avec une femme // percer

نكح nakaḥa cohabiter avec une femme ; prendre femme, contracter mariage // percer, forer

وتد watada – II. être en érection (pénis) ; éprouver des érections (homme) // I. enfoncer fortement un pieu

 

Métaphore : copuler // peler, écorcher, user, limer, racler...

(Cf. fr. argot. ramoner, limer une femme)

 

أثر ’aṯara couvrir sa femelle (chameau) // racler l’intérieur du sabot d’un chameau

بشر bašara cohabiter avec une femme // peler, enlever l’écorce

جلط ǧalaṭa – XV. être couché sur le dos, les jambes dressées, levées en l’air – جلوط ǧalūṭ femme dévergondée // ôter la peau (d’une bête fauve)

حرق ḥaraqa – III. cohabiter avec une femme // limer

حفش ḥafiša témoigner une grande affection à qqn (femme à l’égard du mari) – حفش ḥifš parties naturelles de la femme // حفش ḥafaša peler, ôter l’écorce

حلأ ḥala’a cohabiter avec une femme // enlever les chairs de la peau d’un animal

خطّ ḫaṭṭa u cohabiter avec une femme d’une certaine manière // rayer avec les doigts, avec les ongles

درس darasa cohabiter avec une femme // user, râper (un habit) ; user le dos d’une monture à force de la monter

ذلغ ḏalaġa cohabiter avec une femme // VII. avoir le dos écorché, la peau du dos enlevée par le frottement de la selle ou de la charge

سليخ salīḫ qui cohabite souvent avec les femmes sans les féconder // سلخ salaḫa écorcher, ôter la peau d’un mouton

طرّة ṭarra coït // طرّ ṭarra aiguiser un couteau

طرق ṭaraqa couvrir la femelle (chameau) // arracher le poil, des poils

غلّ ġalla cohabiter avec une femme // IV. ôter la peau de l’animal égorgé avec trop de précipitation

قرف qarafa – III. voir un homme, une femme (en acte de cohabitation) // enlever l’écaille, la croûte, l’écorce

كشح kašaḥa – V. cohabiter avec une femme // II. peler, ôter l’écorce

لحب laḥaba cohabiter avec une femme // enlever (l’écorce, les chairs des os)

محج maḥaǧa cohabiter avec une femme // dépouiller la chair de la peau qui la couvre

مخن maḫana cohabiter avec une femme // peler, enlever l’écorce

مشن mašana cohabiter avec une femme // râcler, égratigner, écorcher

نجر naǧara cohabiter avec une femme // raboter

نشنش našnaša cohabiter avec une femme // ôter la chair de dessus l’os

 

 

 

4. Le mariage et la défloration

 

 

Racines explicites sur l’union légale mais muettes sur l’acte sexuel

 

NB : On a eu ou l’on aura l’occasion de constater que, dans la plupart des racines ci-dessous, le sens d’union sexuelle est implicite et révélé aussi bien par des parallélismes sémantiques que par des parentés formelles. (Voir notamment 2.2. pour زفّ zaffa).

 

زفّ zaffa donner sa fille en mariage – زفاف zifāf mariage, noces

زاج zāǧa u  – V. se marier (homme)

قرين qarīn époux, consort

ظأب ẓa’aba se marier

ملك malaka épouser une femme – ملاك milāk mariage

 

Racines à parallélisme explicite mariage // acte sexuel

 

باء bā’a u باء bā’ union conjugale, mariage – باءة bā’a union conjugale // II. prendre femme et cohabiter avec elle – باءة bā’a cohabitation

بضع buḍ‛ mariage // بضع baḍa‛a – III. cohabiter avec une femme

بعل ba‛ala se marier // بعال bi‛āl cohabitation entre mari et femme

حصن ḥaṣana se marier // V. devenir étalon, propre à couvrir les juments

دخول duḫūl mariage, noces // دخل daḫala cohabiter avec une femme

سرّ sirr mariage // سرّ sirr cohabitation avec une femme

شبر šabr mariage // شبر šabara couvrir une femelle

عرب ‛rb – IV. épouser une femme // insinuer à une femme le désir d'avoir commerce avec elle

عرس ‛urs noce, repas de noces // عرس ‛arasa cohabiter avec une femme – II. voir sa femme, cohabiter avec elle – V. prendre ses ébats avec sa femme et en raffoler

قمر  qamira – V. épouser une femme // s’introduire chez une femme et avoir commerce avec elle pendant la nuit, surtout par un clair de lune

نكح nakaḥa prendre femme, contracter mariage – نكاح nikāḥ mariage // cohabiter avec une femme – نكاح nikāḥ copulation, coït

 

NB : On voit que, sous ses dehors festifs, le mariage est en fait une « autorisation sociale de copuler ». Il permettra en outre aux enfants nés du dit mariage d’identifier leurs parents avec un fort pourcentage de certitude. (En complément sur le sujet du mariage, voir en annexe notre Lettre ouverte à Jonas Sibony.)

 

Racines explicites sur la défloration

 

بكر bakara – VIII. déflorer une fille

طمث ṭamaṯa déflorer une fille

عذر ‛aḏara déflorer une vierge

فرع fara‛a déflorer une fille

فضّ faḍḍa – VIII. déflorer une fille

قرع qara‛a – VIII. déflorer une fille

قضّ qaḍḍa – VIII. déflorer une fille

لمس lamasa déflorer une fille

نقع naqa‛a déflorer une fille

هتك hataka déflorer une fille

 

Métaphore : copuler // unir, joindre, lier, réunir, mêler, s’attacher...

 

أتى ’atā cohabiter avec une femme // VI. se joindre à qqn

أزّ ’azz coït // أزّ ’azza joindre une chose à une autre

بطن baṭana – V. cohabiter avec une femme // sangler (une bête de somme) – IV. doubler un vêtement ; faire de qqn son intime

تأم ta’ama – IV. cohabiter avec une femme // III. être jumeau ; tisser la trame et la chaîne de deux fils de différentes espèces

جمع ǧama‛a cohabiter avec une femme // réunir

حاز ḥāza u cohabiter avec une femme // rassembler, réunir

حبل ḥabala – IV. rendre grosse, enceinte (une femelle) // serrer avec une corde

حتأ ḥata’a cohabiter avec une femme // coudre, serrer un nœud

حزأ ḥaza’a cohabiter avec une femme // réunir

خلط ḫalaṭa – III. cohabiter avec une femme // mêler, mélanger une chose avec une autre

خلّ ḫalla pénétrer dans l’intérieur // V. entrer, se mêler parmi les hommes

داك dāka u cohabiter avec une femme // se mêler les uns aux autres

دمك damaka couvrir la femelle // tresser une corde

شمر šamara – IV. féconder une femelle // IV. lier, serrer les pis d’une femelle

صلق ṣalaqa renverser une femme pour avoir commerce charnel avec elle // صولق ṣawlaq ceinture

صهر ṣahara – III. avoir commerce charnel avec une femme // III. s’allier à qqn, contracter des liens de parenté

طرّة ṭarra coït // طرّ ṭarra rassembler, réunir en un seul lieu

طرق ṭaraqa couvrir la femelle (chameau) // III et IV. doubler, ressemeler, coudre deux morceaux ensemble

عرس ‛arasa cohabiter avec une femme // attacher le pied d’un chameau à son cou pour l’empêcher de s’éloigner quand on veut s’arrêter un instant

عفص ‛afaṣa forcer une femme // tordre

عكا ‛akā féconder une femelle (chameau) // nouer

علط ‛alaṭa – XIII. couvrir la femelle (chameau) // XIII. s’attacher à qqn et ne pas le quitter ; s’emparer de qqn et le lier

عهد ‛ahd copulation // réunion

غلّ ġalla cohabiter avec une femme // charger qqn de chaînes ; mêler, mélanger l’un avec l’autre

فشغ fašaġa – V. cohabiter avec une femme // III. amener auprès d’une chamelle un petit étranger et le lui faire prendre en affection

قبص qabaṣa couvrir la femelle // introduire le lacet dans la ceinture du caleçon et le serrer

قحطر qaḥṭara cohabiter avec une femme // mettre la corde à l’arc

قرب qaraba – III. lever une jambe, les jambes, pour se livrer au coït – قربان qirbān coït (Johnson) // I. approcher, être proche

قسح qasaḥa avoir une érection par suite d’un violent penchant sexuel // donner plusieurs tours à une corde

قفش qafaša cohabiter avec une femme // réunir, rassembler, cueillir qqch

قمط qamaṭa être en copulation, cocher sa femelle (oiseau) ; cohabiter avec une femme // lier les quatre pieds ensemble

قمطر qamṭara violer une fille // nouer, lier une outre ; se réunir, être réuni, ramassé, rassemblé

لزاق lizāq coït, copulation // لزق laziqa s’attacher, se coller à qqch

لهو √lhw – VI. cohabiter avec une femme // III. s’approcher l’un de l’autre

ناك nāka i cohabiter avec une femme // VI. se coller (paupières) [18] 

وكع waka‛a – III. cocher la femelle (coq) // être cousu, confectionné solidement (outre)

 

Métaphore : copuler // jeu, joie et jouissance (Cf. fr. jouir)

 

بشر bašara cohabiter avec une femme // se réjouir de qqch

بعال bi‛āl cohabitation entre mari et femme // III. jouer, prodiguer des caresses l’un à l’autre (époux, surtout la femme) – VI. prendre ses ébats avec ses femmes, jouer avec elle

دعب da‛aba cohabiter avec une femme // jouer, badiner, folâtrer avec qqn

ذرا ḏarā – X. couvrir la femelle // ذري ḏariya se réjouir de qqch

سرّ sirr cohabitation avec une femme // سرّ sarra réjouir, rendre gai, égayer, contenter

طرق ṭaraqa couvrir la femelle (chameau) // IV. s’amuser à des riens, courir après les jeux et le badinage

عرب ‛rb – IV. copuler // عرب ‛ariba être gai, dispos, agile, vif

عرس ‛arasa cohabiter avec une femme – V. prendre ses ébats avec sa femme et en raffoler // être toujours gai, joyeux

لهو √lhw – VI. cohabiter avec une femme // I. se divertir, s’amuser de qqch

ملث milṯ insatiable dans le commerce charnel // III. jouer, badiner, plaisanter avec qqn

ملخ malaḫa cohabiter avec une femme // III. jouer, plaisanter avec qqn

ملق malaqa cohabiter avec une femme ; saillir une jument // III. flatter, caresser, cajoler qqn

 

 

 

5. Domination, puissance et possession

 

 

Racines explicites

 

فرع fara‛a – V. se marier en haut lieu, épouser la fille d’un grand personnage, d’une grande famille

لبس labisa posséder une femme et vivre avec elle (par ex. en concubinage)

 

Métaphore : copuler // posséder (Cf. fr. posséder une femme)

 

حاز ḥāza u cohabiter avec une femme // posséder qqch, en être maître, propriétaire

غال ġāla i cohabiter avec une femme // posséder beaucoup de biens, de troupeaux (tribu)

ملك malaka épouser une femme // posséder qqch, être en possession de qqch [19] 

 

Métaphore : copuler // monter, s’élever, enfourcher une monture

(Cf. fr. argot. monter une femme)

 

ذرا ḏarā – X. couvrir la femelle // V. monter au sommet, sur une saillie, sur la bosse du chameau

سفد safada couvrir la femelle – VI. être en coït, en copulation // X. enfourcher une monture, monter un chameau

سما samā se jeter sur la femelle et la couvrir // monter, s’élever

سنم sanama – V. couvrir la femelle (chameau) // V. monter, se hisser sur la bosse du chameau

عرف ‛arafa connaître, voir une femme, avoir commerce charnel avec une femme // XII. se hisser sur un palmier

علط ‛alaṭa – XIII. couvrir la femelle (chameau) // XIII. monter un chameau

فرع fara‛a déflorer une fille // monter sur une hauteur, gravir une montagne

قمّ qamma – IV. couvrir la femelle (chameau) // V. se trouver à la partie supérieure d’une chose

قمقم qamqama – II. couvrir une chamelle agenouillée (en parlant du mâle) // I. se trouver au sommet de qqch

مطا  maṭā cohabiter avec une femme // IV. prendre une bête pour sa monture

وطئ waṭi’a cohabiter avec une femme // monter un cheval

 

Métaphore : copuler // être fort

 

جلد ǧalada violer, déflorer une fille // جلد ǧaluda être fort, robuste, dur

حرز ḥariza cohabiter avec une fille // حرز ḥaruza être fort, fortifié, bien muni

حصن ḥaṣana I et IV. se marier – V. devenir étalon, propre à couvrir les juments // être fort, fortifié

عزر ‛azara cohabiter avec une femme // II. rendre qqn plus fort

قزب qazaba voir souvent des femmes, cohabiter souvent // قزب qaziba être fort, robuste

قمد qamada – IV. avoir une érection // قمد qumud fort, robuste

متن matana cohabiter avec une femme // متن matuna être ferme, solide, robuste

مرأ mara’a cohabiter avec une femme // être tout à fait homme, avoir des qualités viriles, mâles

وكع waka‛a III. cocher la femelle (coq) // وكع waku‛a être dur, rude, robuste

 

 

 

6. Copulations moralement, socialement, légalement condamnables

 

 

Le modèle de bonne conduite : كاس kāsa i cohabiter avec une femme – كيس kays commerce charnel modéré, exempt de débauche, et toujours avec une femme en état de pureté légale.

 

Ce verbe semble être une variante de كاس kāsa u. (Voir plus haut 1.3.). Le seul autre sens de كاس kāsa i est « être espiègle, éveillé, intelligent ». L’absence de rapport entre les deux sens nous incite à opter pour l’existence de deux homonymes.

 

Quand le modèle n’est pas respecté, on a ce qui suit :

 

Fornication, débauche, adultère, prostitution

 

Racines explicites

 

بذأ baḏa’a III. commettre l’adultère

بغى baġā i commettre la fornication ou l’adultère

بلّ balla commettre l’adultère

جلط ǧalaṭa – XV. être couché sur le dos, les jambes dressées, levées en l’air – جلوط ǧalūṭ femme dévergondée // rendre les excréments

حدث ḥadaṯa – IV. commettre la fornication // rendre les excréments

خبث ḫabuṯa vivre dans le désordre charnel avec une femme – خبث ḫubṯ débauche, fornication // خبث ḫabaṯ scories

خنع ḫana‛a commettre la fornication, l’adultère

زنى zanā commettre l’adultère

سفح safaḥa – III et VI. commettre la fornication

طنأة ṭana’a péché charnel, fornication

طنًى ṭinan adultère, fornication

عنت ‛anita commettre l’adultère

عهر ‛ahara commettre l’adultère ou la fornication avec une femme

فاحشة fāḥiša fornication, adultère

فجر faǧara se livrer à la fornication

فسق fasaqa commettre l’adultère, la fornication

قاذورة qāḏūra fornication // saletés, ordures

هلوك halūk femme perdue, prostituée, adultère [20] 

 

Métaphore : copuler // saleté, excréments, menstruation, impureté

 

جنابة ǧanāba cohabitation, commerce charnel // écoulement du sperme, impureté légale qui en résulte

حاض ḥāḍa i – II. cohabiter avec une femme pendant ses règles // حيض ḥayḍ règles

حطأ ḥaṭa’a cohabiter avec une femme // rendre les excréments

خبج ḫabaǧa cohabiter avec une femme // lâcher un pet

خجّ ḫaǧǧa cohabiter avec une femme // rendre les excréments

دثر daṯara – V. couvrir la femelle // I. être sale, malpropre, sali

دجل daǧala cohabiter avec une femme // دجال daǧāl fumier

درس darasa cohabiter avec une femme // دارس dāris qui a ses règles

دسم dasama cohabiter avec une femme // دسم dasim sale crasseux

رطأ raṭa’a cohabiter avec une femme // rendre les excréments

رطم raṭama cohabiter avec une femme // rendre les excréments

رفث rafiṯa cohabiter avec une femme // tenir à une femme des propos obscènes

صلق ṣalaqa renverser une femme pour avoir commerce charnel avec elle // صلاقة ṣulāqa eau stagnante et remplie d’ordures de bestiaux

ضاك ḍāka couvrir la femelle (cheval) // V. se salir de ses propres excréments

ضفن ḍafana cohabiter avec une femme // rendre les excréments

طرق ṭaraqa couvrir la femelle (chameau) // salir l’eau en urinant dedans – II. rendre les excréments

طفس ṭafasa cohabiter avec une femme // être sale, crasseux, dégoûtant

طفش ṭafaša cohabiter avec une femme // salir, souiller

طمث ṭamaṯa déflorer une fille // avoir ses règles

عذر ‛aḏara déflorer une vierge // II. salir qqch d’ordures

عرب ‛rb – IV. copuler // عرب ‛ariba être purulent – II, IV, V, X. tenir des propos obscènes 

عفق ‛afaq mâle qui s’accouple coup sur coup avec la femelle // عفق ‛afaqa péter, lâcher un pet

عكا ‛akā féconder une femelle (chameau) // rendre les plus gros excréments

غسر ġasara couvrir une femelle pendant qu’elle n’est pas en chaleur // V. être sali par des morceaux de bois (tombés dans un étang)

فطأ faṭa’a cohabiter avec une femme // rendre les excréments

قضّ qaḍḍa – VIII. déflorer une fille // être couvert, sali de poussière

كبر kabara – IV. avoir une éjaculation de sperme (homme) // avoir ses règles (femme) ; rendre les excréments

لتأ lata’a cohabiter avec une femme // rendre les excréments

متر matara cohabiter avec une femme // rendre les excréments

معط ma‛aṭa cohabiter avec une femme //  lâcher un pet au nez de qqn

ندل √ndl مندل mindal verge en érection – ندول nudūl parties naturelles de la femme // rendre les excréments

يعارة ya‛āra arrivée d’un étalon auprès d’une femelle avec l’intention de la couvrir // يعور ya‛ūr qui salit d’urine le lait et celui qui la trait

 

 

 

7. Les racines vedettes du pluriparallélisme

 

 

طرق ṭaraqa [21] 

 

I. couvrir la femelle (chameau) ; jeter des caillous pour en tirer des augures ; assaillir qqn pendant la nuit ; frapper ; arracher le poil, des poils ; salir l’eau en urinant dedans

II. avoir un enfantement, une parturition difficile ; frayer le chemin ; rendre les excréments ; doubler, ressemeler, coudre deux morceaux ensemble

IV. s’amuser à des riens, courir après les jeux et le badinage

طرق ṭarq sperme d’un étalon

طريقة ṭarīqa rigole, ruisseau

 

 

ذرا ḏarā

 

I. briser, casser ; jeter en dispersant (semeur) ; partir, se mettre à courir (gazelle)

ذري ḏariya se réjouir de qqch

IV. verser des larmes (yeux) ; exciter, pousser à qch

V. monter au sommet, sur une saillie, sur la bosse du chameau

X. couvrir la femelle

 

فرع fara‛a

 

I. frapper (avec un bâton) ; déflorer une fille ; monter sur une hauteur, gravir une montagne

IV. avoir, mettre bas ses petits (chamelle) ; parcourir un pays dans tous les sens pour reconnaître le terrain

V. découler et se ramifier ; attaquer et vaincre une tribu ; se marier en haut lieu, épouser la fille d’un grand personnage, d’une grande famille

 

عرب ‛ariba, ‛araba

 

être gai, dispos, agile, vif ; être purulent

II. émonder un palmier ; faire une incision  à un mulet, etc. ;  tenir des propos obscènes ; exciter le penchant sexuel d'une femelle (se dit d'un mâle)

IV. mettre au monde un garçon au teint arabe ; tenir un langage indécent, obscène. De là insinuer à une femme le désir d'avoir commerce avec elle, ou exciter son penchant sexuel ;  épouser une femme ; lancer (un cheval) à la course

V. tenir un langage obscène, des propos sales

X. tenir des propos obscènes ; être en chaleur (se dit des vaches)

عريب ‛ariyb grande quantité d'eau

 

غلّ ġalla

 

charger qqn de chaînes ; cohabiter avec une femme ; couler, pénétrer (eau) ; couvrir ; être inséré, introduit, entrer dedans ; mêler, mélanger l’un avec l’autre

IV. ôter la peau de l’animal égorgé avec trop de précipitation

 

صلق ṣalaqa

 

brûler, affecter gravement par l’intensité de la chaleur (soleil) ; frapper avec un bâton ; pousser un grand cri ; renverser une femme pour avoir commerce charnel avec elle ; tomber sur qqn, sur une tribu, et en faire grand carnage

صلاقة ṣulāqa eau stagnante et remplie d’ordures de bestiaux

صولق ṣawlaq ceinture

 

قضّ qaḍḍa

 

I. broyer ; être couvert, sali de poussière ; jeter qqch de sec (dans un mets) ; percer, perforer (une perle)

VII. se répandre de tous côtés et tomber sur l’ennemi

VIII. déflorer une fille

 

لحب laḥaba

 

cohabiter avec une femme ; couper des viandes en long morceaux ; enfiler son chemin, c’est à dire passer tout droit et rapidement ; enlever (l’écorce, les chairs des os) ; frayer un chemin, le rendre large, spacieux ; porter à qqn un coup de sabre

 

بطن baṭana

 

I. entrer, pénétrer dans l’intérieur ; frapper le ventre ou frapper qqn au ventre

II. sangler (une bête de somme)

IV. doubler un vêtement ; faire de qqn son intime

V. cohabiter avec une femme

VIII. mettre bas (chamelle)

 

 

 

 

8. Les racines monosémiques

 

 

Inventaire

 

أار ’āra i cohabiter avec une femme – أير ’ayr verge, pénis

باظ bāẓa u éjaculer

باه bāha u cohabiter avec une femme

ثيب ṯyb – II. cohabiter une seule fois avec sa femme  

ذغّ ḏaġġa forcer une fille et cohabiter avec elle

ذفط ḏafaṭa  couvrir la femelle (oiseau, bouc)

رطع raṭa‛a cohabiter avec une femme

زخزخ zaḫzaḫa cohabiter avec une femme

زعر za‛ara cohabiter, être en copulation

زنى zanā commettre l’adultère

شطم šaṭama cohabiter avec sa femme

شفتن šaftana cohabiter avec une femme

طحس ṭaḥasa cohabiter avec une femme

طعس ṭa‛asa cohabiter avec une femme

عزد ‛azada cohabiter avec une femme

عزلب ‛azlaba cohabiter avec une femme

عهر ‛ahara commettre l’adultère ou la fornication avec une femme

فاحشة fāḥiša fornication, adultère

فسق fasaqa commettre l’adultère, la fornication

فهر fahara cohabiter avec une femme en présence d’une autre

قزبر qazbara cohabiter avec une femme – قزبر quzbur pénis long et gros

قعا qa‛ā sauter sur la femelle ; cocher sa femelle (oiseau)

قفط qafaṭa sauter sur une femelle pour la couvrir

قلعف qal‛afa – IV. couvrir la femelle (chameau)

لمج lamaǧa cohabiter avec une femme

مطأ maṭa’a cohabiter avec une femme

مطز maṭaza cohabiter avec une femme

نعظ na‛aẓa être en érection (verge) – IV. éprouver un violent penchant sexuel – ناعوظ nā‛ūẓ qui se masturbe

هقّ haqqa cohabiter avec une femme avec violence

 

Commentaire

 

أار ’āra i cohabiter avec une femme – أير ’ayr verge, pénis

 

Deux possibilités : le verbe est soit un dénominal de أير ’ayr soit une simple variante de أار ’āra uforcer une femme, cohabiter avec elle / II. enflammer”. Les deux verbes أار ’āra relèvent en tout cas, avec أرّ ’arra “cohabiter avec une femme / allumer le feu”, et sans ambigüité, de l’étymon {’,r}.

 

باظ bāẓa u éjaculer

 

Cette racine [22] relève sans ambigüité de l’étymon {b,ẓ}, par lequel elle est peut-être apparentée à ظأب ẓa’aba “se marier ; crier, beugler comme un bouc”.

 

باه bāha u cohabiter avec une femme

 

Deux possibilités : soit la racine relève, avec هبّ habba et هبهب habhaba “frémir, et se jeter avec impétuosité sur la femelle (bouc en rut)”, et sans ambigüité, de l’étymon {b,h}, soit ce n’est qu’une simple variante de باء bā’a u – II. “prendre femme et cohabiter avec elle”.[23] 

 

ثيب ṯyb – II. cohabiter une seule fois avec sa femme  

 

La racine est une probable variante de ثاب ṯāb u “retourner, revenir”, en référence au retour de la jeune mariée chez ses parents après la nuit de noces. Elle perdure en arabe moderne dans le mot ثيّب ṯayyib “qui a quitté son époux” (Belot), “a deflowered but unmarried woman” (Wehr).

 

ذغّ ḏaġġa forcer une fille et cohabiter avec elle

 

Cette racine relève sans ambigüité de l’étymon {ḏ,ġ} dos écorché (cf. Bohas & Bachmar p. 171, غذّ ġāḏḏ “qui a le dos ulcéré et purulent (chameau)”. Elle est évidemment apparentée à ذلغ ḏalaġa “cohabiter avec une femme // VII. avoir le dos écorché par le frottement de la selle ou de la charge (bête de somme)” [24]

 

ذفط ḏafaṭa  couvrir la femelle (oiseau, bouc)

 

Racine ambigüe possiblement apparentée par l’étymon {ṭ,f} à diverses racines ambigües synonymes dont فطأ faṭa’a, طفس ṭafasa “cohabiter avec une femme”, etc.

 

رطع raṭa‛a cohabiter avec une femme

 

Racine ambigüe probablement issue du croisement de deux étymons vedettes (voir ci-après II, 1) :

– l’étymon vedette {r,‛}

– l’étymon vedette {r,ṭ}

 

زخزخ zaḫzaḫa cohabiter avec une femme

 

Racine relevant sans ambigüité de l’étymon {ḫ,z}, au même titre que la racine synonyme زخّ zaḫḫa dont elle semble bien n’être qu’une variante.

 

زعر za‛ara cohabiter, être en copulation

 

Racine ambigüe possiblement issue du croisement de deux étymons synonymes :

– l’étymon vedette {r,‛} (voir ci-après II, 1)

– l’étymon {z,‛} (voir ci-après II, 3., nº 212)

 

زنى zanā commettre l’adultère

 

Racine relevant sans ambigüité de l’étymon {z,n}, au même titre que les racines également non ambigües نزازة nuzāza et نزا nazā u. (Cf. Bohas et Bachmar [25] p. 104).

 

شطم šaṭama cohabiter avec sa femme

 

Racine ambigüe possiblement issue du croisement de deux étymons synonymes :

– l’étymon {š,ṭ} (voir ci-après II, 3, nº 237)

– l’étymon {ṭ,m} (voir ci-après II, 2.1., nº 278)

 

شفتن šaftana cohabiter avec une femme

 

Nous faisons la même analyse que Bachmar (p. 545) : la racine doit être issue de فتن fatana VIII. “être séduit par la beauté d'une personne et succomber à la tentation” par incrémentation du š.

 

طحس ṭaḥasa cohabiter avec une femme

 

Racine ambigüe possiblement issue du croisement de deux étymons synonymes :

– l’étymon {ḥ,ṭ} (voir ci-après II, 3, nº 125)

– l’étymon {s,ṭ} (طسع ṭasa‛a, طعس ṭa‛asa, طفس ṭafasa)

 

طعس ṭa‛asa cohabiter avec une femme

 

Probable variante de la précédente.

 

عزد ‛azada cohabiter avec une femme

 

Racine ambigüe possiblement issue du croisement de deux étymons synonymes :

– l’étymon {z,‛} (voir ci-après II, 3, nº 212 : عزج ‛azaǧa, عزر ‛azara, etc.)

– l’étymon {d,‛} (voir ci-après II, 4, nº 164 : دعب da‛aba, دعز da‛aza, دعس da‛asa, etc.)

 

عزلب ‛azlaba cohabiter avec une femme

 

Racine probablement issue du croisement des étymons {z,‛} et {b,l} à juger par les verbes synonymes ou parasynonymes de notre corpus : 1. عزج ‛azaǧa, عزد ‛azada, عزر ‛azara, etc. et 2. ولب walaba, لحب laḥaba, لخب laḫaba, etc. Bachmar (p. 552) fait une autre anlayse.

 

عهر ‛ahara commettre l’adultère ou la fornication avec une femme

 

Racine ambigüe possiblement apparentée par l’étymon vedette {r,‛} aux racines ambigües parasynonymes عتر ‛atara “être en érection (verge)”, عذر ‛aḏara “déflorer une vierge”, عرد ‛ard “qui est en érection (membre viril)”, عرس ‛arasa “cohabiter avec une femme”, etc. (Voir ci-après II, 1).

 

فاحشة fāḥiša fornication, adultère

 

Racine ambigüe possiblement apparentée par l’étymon {š,f} aux racines parasynonymes فاش fāša “couvrir la femelle (âne)”, فشح fašaḥa – V. “cohabiter avec une femme”, et فشغ fašaġa – V. “violer une fille”.

 

فسق fasaqa commettre l’adultère, la fornication

 

Nous considérons cette racine comme monosémique car son sens moral – “s’écarter des préceptes divins” – est à l’évidence métaphoriquement dérivé de “sortir de son enveloppe (datte mure)”.

D’un point de vue formel, cette racine ambigüe est possiblement issue du croisement de deux étymons synonymes :

– l’étymon {s,f} (voir ci-après II, 2.1., nº 228 : ساف sāfa u, سفح safaḥa, سفد safada, فسد fasada, etc.)

– l’étymon {f,q} (voir ci-après II, 3, nº 305 : فقم faqama, قفش qafaša, قفط qafaṭa, etc.)

 

فهر fahara cohabiter avec une femme en présence d’une autre

 

Racine ambigüe possiblement apparentée par l’étymon {r,f} aux racines ambigües فجر faǧara “se livrer à la fornication”, فرع fara‛a “déflorer une fille”, etc.

 

قزبر qazbara cohabiter avec une femme – قزبر quzbur pénis long et gros

 

Le verbe est un probable dénominal de قزبر quzbur, lequel a toutes les apparences d’être construit sur زبّ zubb “verge, pénis” avec double incrémentation du q à l’initiale et du r en finale.

 

قعا qa‛ā sauter sur la femelle ; cocher sa femelle (oiseau)

 

Racine relevant sans ambigüité de l’étymon {‛,q}, au même titre que les racines non ambigües synonymes قاع qā‛a “couvrir la femelle” et وقع waqa‛a – III. “avoir un commerce charnel avec une femme”, etc.

 

قفط qafaṭa sauter sur une femelle pour la couvrir

 

Racine ambigüe possiblement issue du croisement de deux étymons synonymes :

– l’étymon {f,q} (voir ci-après II, 3, nº 305 : قفش qafaša, فقم faqama, etc.)

– l’étymon {ṭ,q}  (voir ci-après II, 2.1., nº 275 : وقط waqaṭa, طرق ṭaraqa, قحط qaḥaṭa, قمط qamaṭa, مقط maqaṭa, etc.)

 

قلعف qal‛afa – IV. couvrir la femelle (chameau)

 

La racine semble être issue du croisement des étymons {q,l} : بلق balaqa “violer, forcer une fille”, سلق salaqa “cohabiter avec une femme”, etc. et {‛,f} : عفج ‛afaǧa “cohabiter avec une femme”, عفص ‛afaṣa “forcer une femme”, etc. Bachmar (p. 386) propose une autre analyse.

 

لمج lamaǧa cohabiter avec une femme

 

Cette racine est probablement apparentée par l’étymon {l,m} aux racines synonymes ou parasynonymes لمس lamasa “déflorer une fille”, ملث milṯ “insatiable dans le commerce charnel”, ملخ malaḫa “cohabiter avec une femme”, etc. C’est un cas un peu particulier dans ce groupe puisqu’elle a aussi le sens de manger avec le bout des lèvres. Mais cette précision – qui nous interdit de verser cette racine au nombre de celles vues plus haut avec le sens de dévorer – révèle l’existence d’un homonyme relevant de la matrice « langue » et construit sur l’étymon {ǧ,l}, tels لجب laǧaba boire à l’aide de la langue, ولج walaǧa laper, etc. (Voir Bohas et Saguer p. 51 sq.). Il y a donc en fait deux verbes لمج lamaǧa, tous deux monosémiques.

 

مطأ maṭa’a cohabiter avec une femme

مطز maṭaza cohabiter avec une femme

 

Ces deux racines ambigües sont probablement apparentées par l’étymon {ṭ,m} à la racine synonyme non ambigüe مطا maṭā et à d’autres racines synonymes ambigües comme مطح maṭaḥa, etc.

 

نعظ na‛aẓa être en érection (verge) – IV. éprouver un violent penchant sexuel – ناعوظ nā‛ūẓ qui se masturbe

 

Du point de vue du sens, la forme IV signifie également fermer et ouvrir tour à tour l’orifice du canal de sécrétion (cheval). Il y a deux dérivés : نعظ na‛iẓ qui éprouve un chatouillement occasionné par un violent penchant sexuel et ناعوظ nā‛ūẓ qui se masturbe.

 

Formellement, la racine est isolée mais elle est peut-être à l’origine du quadrilitère نعظل na‛ẓala courir doucement, sans avoir l’air de se presser ; marcher en laissant aller nonchalamment son corps à droite et à gauche par incrémentation du l final.

 

هقّ haqqa cohabiter avec une femme avec violence

 

L’unique charge sémantique relevée par B&B (p. 129) pour l’étymon {q,h} est “marche rapide”. On a vu plus haut le parallélisme sémantique copuler // marche rapide. Mais هقّ haqqa pourrait aussi être une simple variante de هكّ hakka “abîmer une femme à force de cohabiter fréquemment avec elle”.

 

 

 

 

 

Deuxième partie : le classement morphologique du corpus

 

 

 

Ouvrage de référence : B&B = Georges Bohas et Karim Bachmar, Les étymons en arabe. Analyse formelle et sémantique. Recherches, n° 23, Beyrouth, Dar El-Machreq, 2013.

 

NB : Les glides n’étant pas considérés comme des consonnes radicales, les racines non ambigües sont celles qui n’ont qu’un seul étymon théorique alors que les racines ambigües en ont trois.

 

 

1. Les étymons vedettes de la copulation

 

– Étymon {r,‛} (19 racines)

 

Racines non ambigües :

 

روعة raw‛a assaut qu’un étalon fait sur une femelle

يعارة ya‛āra arrivée d’un étalon auprès d’une femelle avec l’intention de la couvrir

 

Racines ambigües possiblement apparentées par cet étymon :

 

ردع rada‛a cohabiter avec une femme

رصع raṣa‛a cohabiter avec une femme

رطع raṭa‛a cohabiter avec une femme

زدع zada‛a cohabiter avec une femme

زعر za‛ara cohabiter, être en copulation

طعر ṭa‛ara cohabiter avec une femme

عتر ‛atara être en érection (verge)

عذر ‛aḏara déflorer une vierge

عرب ‛rb – IV. épouser une femme ; copuler

عرد ‛ard qui est en érection (membre viril)

عرس ‛arasa cohabiter avec une femme

عرف ‛arafa connaître, voir une femme, avoir commerce charnel avec une femme

عزر ‛azara cohabiter avec une femme

عمرة ‛umra cohabitation du mari avec sa femme, nouvellement mariée, dans la maison des parents de le femme

عهر ‛ahara commettre l’adultère ou la fornication avec une femme

فرع fara‛a déflorer une fille

قرع qara‛a couvrir la femelle – VIII. déflorer une fille

 

– Étymon {ǧ,ḫ} (12 racines)

 

Racines non ambigües :

 

جخّ ǧaḫḫa cohabiter avec une femme

جخجخ ǧaḫǧaḫa cohabiter avec une femme

خجّ ḫaǧǧa cohabiter avec une femme

خجخج ḫaǧḫaǧa cohabiter avec une femme

 

NB : Valeur sémantique de l’étymon repérée par B&B, p. 58.

 

Racines ambigües possiblement apparentées par cet étymon :

 

جلخ ǧalaḫa violer une fille, cohabiter avec elle

خبج ḫabaǧa cohabiter avec une femme

خجأ ḫaǧa’a cohabiter avec une femme

خضج ḫaḍaǧa – V. être en coït, en copulation (brebis)

خفج ḫafaǧa cohabiter avec une femme

خلج ḫalaǧa cohabiter avec une femme

مخج maḫaǧa cohabiter avec une femme

نخج naḫaǧa cohabiter avec une femme

 

– Étymon {d,m} (11 racines)

 

Racine non ambigüe : دمّ damma couvrir la femelle

 

Racines ambigües possiblement apparentées par cet étymon :

 

ثمد ṯamada épuiser un homme par la cohabitation trop fréquente

دأم da’ama – V. couvrir la femelle

دحم daḥama forcer une femme, cohabiter avec elle

دخم daḫama forcer une femme

دسم dasama cohabiter avec une femme

دمك damaka couvrir la femelle

دهم dahama – V. couvrir la femelle

قمد qamada – IV. avoir une érection

مصد maṣada cohabiter avec une femme

مغد maġada avoir commerce charnel avec une fille

 

– Étymon {r,ṭ} (11 racines)

 

Racines non ambigües :

 

رطا raṭā u cohabiter avec une femme

طرّة ṭarra coït

 

Racines ambigües possiblement apparentées par cet étymon :

 

حطر ḥaṭara violer une fille

رطأ raṭa’a cohabiter avec une femme

رطع raṭa‛a cohabiter avec une femme

رطم raṭama cohabiter avec une femme

طبر ṭabara couvrir une jument (étalon)

طحر ṭaḥara cohabiter avec une femme

طرح √ṭrḥ  مطرح miṭraḥ qui lance loin le sperme dans l’utérus (étalon vigoureux)

طرق ṭaraqa couvrir la femelle (chameau)

طعر ṭa‛ara cohabiter avec une femme

 

NB : Sur cet étymon {r,ṭ} et son rapport avec les notions de couler et de liquide, voir notre étude « Pluies et parfums » (dans Rolland, 2016, Dix études de lexicologie arabe, p. 59). On y trouvera quelques mots qui, par les métaphores que nous avons relevées dans notre première partie, pourraient augmenter considérablement le nombre de racines que nous avons ici.[26] 

 

– Étymon {s,‛} (11 racines)

 

Racines non ambigües :

 

ساع sā‛a – IV. avoir une érection et une éjaculation du sperme

عاس ‛āsa couvrir la femelle et la féconder de son sperme (chameau)

عسّ ‛uss verge, pénis

 

NB : Valeur sémantique de l’étymon repérée par B&B, p. 106.

 

Racines ambigües possiblement apparentées par cet étymon :

 

دعس da‛asa cohabiter avec une femme

سبع saba‛a – III. cohabiter avec une femme

طسع ṭasa‛a cohabiter avec une femme

طعس ṭa‛asa cohabiter avec une femme

عرس ‛arasa cohabiter avec une femme

عسب ‛asaba saillir, couvrir une femelle

عسق ‛asiqa s’accoupler (se dit d’une femelle que le mâle couvre)

عسل ‛asala cohabiter avec une femme

 

– Remarque sur la racine عرس ‛arasa

 

Cette racine, on vient de le constater, a la particularité d’appartenir à deux des groupes vedettes, 1. celui placé sous la dépendance de l’étymon {r,‛} et 2. celui placé sous la dépendance de l’étymon {s,‛} [27]. On dira que la racine عرس ‛arasa est probablement issue du croisement de ces deux étymons. Par ailleurs, le Dictionnaire des racines sémitiques (fasc. 1, p. 34) relève que cette racine est peut-être apparentée à أرس ’arasa “labourer, être fermier, agriculteur”, elle-même doublet de حرث ḥaraṯa, dont nous avons cité plus haut deux dérivés en rapport avec notre sujet [28]. Il ne faut donc pas s’étonner de la faveur dont la racine عرس ‛arasa bénéficie encore et toujours auprès des locuteurs de langue arabe pour désigner diverses personnes et activités liées aux fiançailles et au mariage.

 

 

2. Les racines non ambigües

 

2.1. Possiblement apparentées à au moins une racine ambigüe

 

Étymon nº 1 {’,b} : باء bā’a u (DRS 2, p. 50, BW’)

Possiblement apparentée par cet étymon : ظأب ẓa’aba

 

Étymon nº 2 {’,t} : أتى atā i (B&B p. 137, se joindre à qqn)

Possiblement apparentées par cet étymon : أتم ’atama, تأم ta’ama, حتأ ḥata’a, لتأ lata’a

 

Étymon nº 4 {’,ǧ} : وجأ waǧa’a (B&B p. 29, forcer, contraindre qqn)

Possiblement apparentée par cet étymon : فجأ faǧa’a

 

Étymon nº 8 {’,ḏ} : ذأى ḏa’ā u (B&B p. 31, couper ; faire souffrir qqn)

Possiblement apparentée par cet étymon : بذأ baḏa’a

 

Étymon nº 9 {’,r} : أرّ ’arra, أار ’āra u, أار ’āra i (B&B p. 32, faire du feu)

Possiblement apparentées par cet étymon : أثر ’aṯara, رشأ raša’a, رطأ raṭa’a, مرأ mara’a

 

Étymon nº 10 {’,z} : أزّ azz (B&B p. 32, agiter, secouer)

Possiblement apparentées par cet étymon : حزأ ḥaza’a, زكأ zaka’a, شأز ša’aza

 

Étymon nº 15 {’,ṭ} : وطئ waṭi’a (B&B p. 34, exciter)

Possiblement apparentées par cet étymon : حطأ ḥaṭa’a, رطأ raṭa’a, شطأ šaṭa’a, طشأ ṭaša’a, طنأة ṭana’a, فطأ faṭa’a, مطأ maṭa’a

 

Étymon nº 27 {b,ṯ} : ثيب ṯyb

Possiblement apparentée par cet étymon : خبث ḫubṯ, بهثة buhṯa [29] 

 

Étymon nº 29 {b,} : باح bāḥa u (DRS 2, p. 51, BWḤ ; Johnson : بوح bawḥ angl. coition)

Possiblement apparentées par cet étymon : حبل ḥabala, دحب daḥaba, لحب laḥaba

 

NB : Notons que sont également construits sur cet étymon حبّ ḥabba aimer”, et probablement صحب aiba “être ami de qqn”. D’ailleurs,  si l’on en croit Johnson, un des sens possibles de  صحبة ṣuḥba est « angl. coition ».

 

Étymon nº 34 {b,z} : زبّ zubb زبّ zabba (B&B p. 42, faire du mal à qqn)

Possiblement apparentées par cet étymon : زكب zakaba, طبز ṭabaza, عزلب ‛azlaba, قزب qazaba qaziba, قزبر qazbara – quzbur

 

Étymon nº 40 {b,} : باظ bāẓa u

Possiblement apparentée par cet étymon : ظأب ẓa’aba [30] 

 

Étymon nº 42 {b,ġ} : بغى baġā i      

Possiblement apparentée par cet étymon : ضغب ḍaġaba [31] 

 

Étymon nº 45 {b,k} : باك bāka u (B&B p. 48, briser, casser)

Possiblement apparentées par cet étymon : بكر bakara, زكب zakaba, كبر  kabara, كبس kabasa

 

Étymon nº 46 {b,l} : بلّ balla, ولب walaba (B&B p. 49, aller vite)

Possiblement apparentées par cet étymon : بعال bi‛āl, بلق balaqa, حبل ḥabala, لبس labisa, لحب laḥaba, لخب laḫaba

 

Étymon nº 48 {b,n} : بنى banā i

Possiblement apparentées par cet étymon : بطن baṭana, جنابة ǧanāba, نخب naḫaba

 

Étymon nº 49 {b,h} : باه bāha u, هبّ habba, هبهب habhaba (B&B p. 50, déchirer)

 

NB : Bien que dans la théorie de Bohas l’étymon {b,w/y} n’existe pas, il n’est peut-être pas inutile de regrouper ici les racines dont b et w/y sont deux des composantes : باء bā’a u, باظ bāẓa u, باك bāka u, باه bāha u, بغى baġā i, بنى banā i, ثيب ṯyb, ولب walaba et وثب waṯaba. Construite sur le même étymon, notons que la racine أبا abā u “être père” – et donc géniteur – aurait elle aussi de bonnes raisons morphologiques et sémantiques de figurer dans notre corpus.

 

Étymon nº 78 {ṯ,r} : وثر waṯara (B&B p. 55, “fouler”)

Possiblement apparentées par cet étymon : أثر ’aṯara, دثر daṯara, رفث rafiṯa

 

Étymon nº 97 {ǧ,d} : دجا daǧā (B&B p. 59, couper)

Possiblement apparentées par cet étymon : جلد ǧalada, دجل daǧala, دحج daḥaǧa

 

Étymon nº 100 {ǧ,z} : زاج zāǧ u [32] (B&B p. 61, marier ; pousser)

Possiblement apparentée par cet étymon : عزج ‛azaǧa [33] 

 

Étymon nº 117 {ḥ,d} : دحّ daḥḥa, دحا daḥā u (B&B p. 68, pousser)

Possiblement apparentées par cet étymon : دحب daḥaba, دحج daḥaǧa, دحم daḥama, حدث ḥadaṯa  

 

Étymon nº 118 {ḥ,ḏ} : ذحّ ḏaḥḥa, ذحا  ḏaḥā (B&B p. 68, couper ; pousser)

 

Étymon nº 119 {ḥ,r} : حرح ḥariḥ

Possiblement apparentées par cet étymon : حرث ḥarṯ, حرز ḥariza, حرق ḥaraqa

 

Étymon nº 120 {ḥ,z} : حاز ḥāza u (B&B p. 69, réunir, rassembler)

Possiblement apparentées par cet étymon : حرز ḥariza, حزأ ḥaza’a, حفز ḥafaza, شحز šaḥaza, طحز ṭaḥaza, محز maḥaza

 

Étymon nº 139 {ḫ,z} : زخّ zaḫḫa, زخزخ zaḫzaḫa (B&B p. 145, pousser) [34] 

 

Étymon nº 143 {ḫ,ḍ} : خضخضة ḫaḍḫaḍa [35] (B&B p. 146, piquer, blesser ; répandre de l’eau çà et là)

Possiblement apparentées par cet étymon : خضج ḫaḍaǧa, خضر ḫaḍara

 

Étymon nº 144 {ḫ,ṭ} : خطّ ḫaṭṭa u, طخّ ṭaḫḫa [36] (B&B p. 78, “cohabiter avec une femme”)

Possiblement apparentées par cet étymon : خباط ḫibāṭ, خلط ḫalaṭa

 

Étymon nº 151 {ḫ,l} : خلّ ḫalla (B&B p. 79, être lié d’amitié avec qqn)

Possiblement apparentées par cet étymon : خلج ḫalaǧa, خلط ḫalaṭa, لخب laḫaba,  دخل daḫala, جلخ ǧalaḫa, سلخ salaḫa, شلخ šalḫ, ملخ malaḫa

 

Étymon nº 158 {d,s} : داس dāsa u

Possiblement apparentées par cet étymon : درس darasa, دسر dasara, دسم dasama, دعس da‛asa, سفد safada

 

Étymon nº 168 {d,k} : داك dāka u (B&B p. 85, piler, broyer ; fouler)

Possiblement apparentée par cet étymon : دمك damaka

 

Étymon nº 172 {d,h} : وهد wahada (B&B p. 88, marcher d’un pas rapide)

Possiblement apparentées par cet étymon : دهم dahama, شهد  šahada, عهد ‛ahd

 

Étymon nº 173 {ḏ,r} : ذرا ḏarā (B&B p. 88, couler) [37] 

Possiblement apparentées par cet étymon : عذر ‛aḏara, قاذورة qāḏūra

 

Étymon nº 182 {ḏ,ġ} : ذغّ ḏaġġa (B&B p. 171, qui a le dos ulcéré ; marcher avec rapidité)

Possiblement apparentée par cet étymon : ذلغ ḏalaġa

 

Étymon nº 191 {r,s} : سرّ sirr

Possiblement apparentées par cet étymon : بسر basara, درس darasa, دسر dasara, عرس ‛arasa, غسر ġasara, رسوب rasūb

 

Étymon nº 201 {r,k} : ركّ rakka (B&B p. 98, lier, serrer)

Possiblement apparentées par cet étymon : بكر bakara, رهك rahaka, شكر šakr, كبر  kabara

 

Étymon nº 214 {z,f} : زفّ zaffa (B&B p. 101, aller vite)

Possiblement apparentées par cet étymon : زرف zarafa, حفز ḥafaza, ضفز ḍafaza

 

Étymon nº 218 {z,m} : ومز wamaza

Possiblement apparentées par cet étymon : محز maḥaza, مطز maṭaza

 

Étymon nº 219 {z,n} : زنى zanā, نزازة nuzāza, نزا nazā u (B&B p. 104, “pousser ; commettre l’adultère, couvrir une femelle”)

Possiblement apparentées par cet étymon : نزق nazaqa, نزل  nazala 

 

Étymon nº 228 {s,f} : ساف sāfa u

Possiblement apparentées par cet étymon : سفح safaḥa, سفد safada, طفس ṭafasa, فسق fasaqa [38] 

 

Étymon nº 230 {s,k} : كاس kāsa u, كاس kāsa i, كسّ kuss

Possiblement apparentée par cet étymon : كبس kabasa

 

Étymon nº 232 {s,m} : مسّ massa, سما samā

Possiblement apparentées par cet étymon : دسم dasama, سغم saġama, سنم sanama, لمس lamasa, مسح masaḥa

 

Étymon nº 233 {s,n} : سني sanya (B&B p. 109, “courir ; parcourir”)

Possiblement apparentée par cet étymon :  سنم sanama

 

Étymon nº 241 {š,f} : فاش fāša i (B&B p. 110, “répandre çà et là”)

Possiblement apparentées par cet étymon : حفش ḥafiša, طفش ṭafaša, فاحشة fāḥiša, فشح fašaḥa, فشغ fašaġa, قفش qafaša, كشف kašafa

 

Étymon nº 243 {š,k} : كاش kāša (B&B p. 152, “se coller, s’attacher à”)

Possiblement apparentées par cet étymon : شكر šakr, شكز šakaza, كشأ kaša’a, كشح kašaḥa, كشف kašafa

 

Étymon nº 246 {š,n} : نشنش našnaša (B&B p. 112, “mêler, mélanger”)

Possiblement apparentées par cet étymon : مشن mašana, نشل našala, نقش naqaša

 

Étymon nº 264 {ḍ,f} : فضّ faḍḍa, فضا faḍā (B&B p. 116, aller vite)

Possiblement apparentées par cet étymon : ضفز ḍafaza, ضفن ḍafana [39]

 

Étymon nº 275 {ṭ,q} : وقط waqaṭa (B&B p. 118, aller vite)

Possiblement apparentées par cet étymon : طرق ṭaraqa, قحط qaḥaṭa, قفط qafaṭa, قمط qamaṭa, مقط maqaṭa

 

Étymon nº 278 {ṭ,m} : مطا maṭā (B&B p. 120, aller vite)

Possiblement apparentées par cet étymon : شطم šaṭama, طمث ṭamaṯa, قمط qamaṭa, مطأ maṭa’a, مطح maṭaḥa, مطز maṭaza, معط ma‛aṭa, مقط maqaṭa

 

Étymon nº 279 {ṭ,n} : طنًى ṭinan

Possiblement apparentées par cet étymon : بطن baṭana, طنأة ṭana’a

 

Étymon nº 292 {‛,q} : قعا qa‛ā, قاع qā‛a, وقع waqa‛a (B&B p. 121, crier ; aller vite)

Possiblement apparentées par cet étymon : عسق ‛asiqa, عفق ‛afaq, قرع qara‛a, نقع naqa‛a

 

Étymon nº 293 {‛,k} : عكا ‛akā, وكع waka‛a (B&B p. 122, lier)

 

Étymon nº 298 {ġ,f} : وغف waġafa

Possiblement apparentées par cet étymon : غدف ġadafa, غفق ġafaqa, فشغ fašaġa

 

Étymon nº 301 {ġ,l} : غلّ ġalla, غال ġāla i 

Possiblement apparentées par cet étymon : ذلغ ḏalaġa, غسل ġasala

 

Étymon nº 313 {q,m}: قمّ qamma, تقمقم taqamqama

Possiblement apparentées par cet étymon : فقم faqama, قحم qaḥama, قمد qamada, قمر  qamira, قمط qamaṭa, مقط maqaṭa, ملق malaqa

 

NB : À propos de قمر  qamira, on voit que le sens de copuler est dû à l’étymon et que les circonstances de la copulation (la nuit, surtout au clair de lune) sont induites par le sens de قمر  qamar. Il pourrait aussi s’agir – plus vraisemblablement – d’une étymologie populaire ou d’une invention de lexicographe poète.

 

Étymon nº 317 {k,m} : كام kâma u

Possiblement apparentées par cet étymon : دمك damaka, ملك malaka, مهك mahaka [40] 

 

Étymon nº 318 {k,n} : ناك nāka i (B&B p. 130, “couver ses œufs”)

Possiblement apparentées par cet étymon : نكح nakaḥa, كفن kafana

 

NB : On ne s’étonnera donc pas de trouver, également construits sur cet étymon, des mots comme  كنّ kanna « couvrir », كين kayn « clitoris », كنوف kanūf « femelle couverte par un mâle et déjà fécondée précédemment par un autre », et كوّن kawwana, la forme II de كان kāna, qui signifie « faire exister, créer », c’est à dire « engendrer ».

 

Étymon nº 319 {k,h} : هكّ hakka

Possiblement apparentées par cet étymon : رهك rahaka, مهك mahaka, هتك hataka, هلوك  halūk

 

Étymon nº 322 {l,h} : لهو √lhw

Possiblement apparentée par cet étymon : هلوك  halūk 

 

Étymon nº 324 {m,h} : ماه māha

Possiblement apparentées par cet étymon : دهم dahama, مهج mahaǧa, مهك mahaka, مهن mahana

 

2.2. Racines isolées

 

Il s’agit évidemment d’un isolement relatif, au sein de notre corpus, et non absolu. La morphologie de la plupart des racines ci-dessous trouverait probablement une explication au niveau des matrices phoniques, niveau que nous n’avons pas abordé. Mais nous avons par exemple signalé plus haut la possibilité que هقّ haqqa soit une simple variante de هكّ hakka. Notons également les paires paronymiques جظّ ǧaẓẓa / شظّ šaẓẓa,  قضّ qaḍḍa / ضاك ḍāka, خاش ḫāša / خاق ḫāqa ...

 

Étymon nº 054 {t,d} : وتد watada (B&B p. 160, “ficher un pieu ; être en érection”)

Étymon nº 106 {ǧ,ẓ} : جظّ ǧaẓẓa (B&B p. 63, “crier”)

Étymon nº 124 {ḥ,ḍ} : حاض ḥāḍa i (B&B p. 144, “pousser, exciter, agiter”)

Étymon nº 141 {ḫ,š} : خاش ḫāša u

Étymon nº 149 {ḫ,q} : خاق ḫāqa u

Étymon nº 234 {s,h} : هواس hiwās (B&B p. 151, fouler ; aller vite)

Étymon nº 238 {š,} : شظّ šaẓẓa (B&B p. 178, briser ; avoir des érections ; se joindre à qqn)

Étymon nº 265 {ḍ,q} : قضّ qaḍḍa

Étymon nº 266 {ḍ,k} : ضاك ḍāka (B&B p. 154, aller vite)

Étymon nº 268 {ḍ,m} : وضم waḍama

Étymon nº 315 {q,h} : هقّ haqqa (B&B p. 129, aller vite” [41])

 

 

3. Les racines ambigües

 

3.1. Les racines ambigües à étymon initial commun

 

Étymon nº 39 {b,ṭ} : طبر ṭabara, طبز ṭabaza, بطن baṭana

 

Étymon nº 125 {ḥ,ṭ} : حطأ ḥaṭa’a, حطر ḥaṭara, طحر ṭaḥara, طحز ṭaḥaza, طحس ṭaḥasa (B&B p. 71, jeter qqn par terre)

 

Étymon nº 133 {ḥ,m} : محج maḥaǧa, محز maḥaza, محش maḥaša, محن maḥana (B&B p. 74, pluie, sueur” [42])

 

Étymon nº 153 {ḫ,n} : خنع ḫana‛a, نخب naḫaba, نخج naḫaǧa (B&B p. 147, couper)

 

Étymon nº 212 {z,‛} : زعر za‛ara, طزع ṭaza‛a, عزج ‛azaǧa, عزد ‛azada, عزر ‛azara (B&B p. 101, exciter ; puissance, force, violence)

 

Étymon nº 227 {s,ġ} : سغم saġama, غسر ġasara, غسل ġasala (B&B p. 150, être plongé dans)

 

Étymon nº 237 {š,ṭ} : شطأ šaṭa’a, شطم šaṭama, طشأ ṭaša’a

 

Étymon nº 245 {š,m} : شمر šamara, شمل šamala, مشن mašana

 

Étymon nº 274 {ṭ,f} : طفس ṭafasa, طفش ṭafaša, فطأ faṭa’a (B&B p. 118, “aller à la selle”)

 

Étymon nº 294 {‛,l} : علط ‛alaṭa, لعز la‛aza (B&B p. 122, “désirer ardemment”)

 

Étymon nº 295 {‛,m} : عمرة ‛umra, معج ma‛aǧa, معط ma‛aṭa (B&B p. 123, “marcher”)

 

Étymon nº 297 {‛,h} : عهد ‛ahd, عهر ‛ahara (B&B p. 124, “cris”)

 

Étymon nº 305 {f,q} : فقم faqama, قفش qafaša, قفط qafaṭa

 

Étymon nº 320 {l,m} : لمج lamaǧa, لمس lamasa, ملث milṯ, ملخ malaḫa, ملق malaqa, ملك malaka

 

3.2. Les racines ambigües à séquence initiale commune

 

Étymon nº 16 {’,ẓ} : ظأب ẓa’aba, ظأم ẓa’ama (B&B p. 159, frémir, ronfler (bouc))

 

Étymon nº 30 {b,} : خباط ḫibāṭ, خبث ḫubṯ (B&B p. 39, agitation)

 

Étymon nº 66 {t,f} : فتح fataḥa, فتك fataka [43]

 

Étymon nº 69 {t,l} : لتأ lata’a, لتح lataḥa (B&B p. 53, agiter, secouer, mêler)

 

Étymon nº 70 {t,m} : متخ mataḫa, متر matara, متن matana [44]

 

Étymon nº 109 {ǧ,f} : فجأ faǧa’a, فجر faǧara (B&B p. 64, “courir ; écarter les jambes” [45])

 

Étymon nº 112 {ǧ,l} : جلخ ǧalaḫa, جلد ǧalada, جلط ǧalaṭa (B&B p. 65, “plonger, entrer, mêler”)

 

Étymon nº 130 {ḥ,q} :قحط qaḥaṭa, قحم qaḥama

 

Étymon nº 136 {ḫ,d} : دخل daḫala, دخم daḫama [46] (B&B p. 76, “aller vite”)

 

Étymon nº 152 {ḫ,m} : مخج maḫaǧa, مخن maḫana (B&B p. 147, “traire, extraire”)

 

Étymon nº 164 {d,‛} : دعب da‛aba, دعز da‛aza, دعس da‛asa (B&B p. 82, “cris”)

 

Étymon nº 200 {r,q} : قرع qara‛a, قرف qarafa, قرن qarana, قرب qaraba (B&B p. 97, “salir d’urine”)

 

Étymon nº 216 {z,k} : زكأ zaka’a, زكب zakaba (B&B p. 102, “courir ; remplir”)

 

Étymon nº 231 {s,l} : سلخ salaḫa, سلق salaqa, سلقى salqā (B&B p. 108, “manger, brouter”)

 

Étymon nº 257 {ṣ,m} : مصت maṣata, مصد maṣada

 

Étymon nº 272 {ṭ,‛} : طزع ṭaza‛a, طعر ṭa‛ara, طعز ṭa‛aza, طعس ṭa‛asa [47] 

 

Étymon nº 291 {‛,f} : عفج ‛afaǧa, عفص ‛afaṣa, عفق ‛afaq

 

Étymon nº 314 {q,n} : نقش naqaša, نقع naqa‛a

 

3.3. Les racines ambigües à étymon final commun

 

Étymon nº 12 {’,š} : حشأ ḥaša’a, رشأ raša’a, طشأ ṭaša’a, كشأ kaša’a (B&B p. 138, vivacité ; vitesse)

 

Étymon nº 33 {b,r} : شبر šabara, طبر ṭabara,كبر  kabara, ضرب ḍaraba,  قرب qaraba, عرب ‛araba

 

Étymon nº 35 {b,s} : عسب ‛asaba, قاسب qāsib, كبس kabasa, لبس labisa (B&B p. 42, aller vite, couler)

 

Étymon nº 52 {t,} :  فتح fataḥa, لتح lataḥa, نحت naḥata

 

Étymon nº 99 {ǧ,r} : فجر faǧara, نجر naǧara, هرج haraǧa [48] (B&B p. 60, “agitation” [49])

 

Étymon nº 121 {ḥ,s} : طحس ṭaḥasa, قسح qasaḥa, مسح masaḥa (B&B p. 70, “écorcher, raser”)

 

Étymon nº 122 {,š} : فاحشة fāḥiša, فشح fašaḥa, كشح kašaḥa, محش maḥaša

 

Étymon nº 199 {r,f} : زرف zarafa, عرف ‛arafa, قرف qarafa (B&B p. 96, “agiter ; large, ample”)

 

Étymon nº 205 {r,h} : صهر ṣahara, عهر ‛ahara, فهر fahara (B&B p. 100, “spacieux”)

 

Étymon nº 277 {ṭ,l} : جلط ǧalaṭa, خلط ḫalaṭa, علط ‛alaṭa (B&B p. 119, oindre, enduire)

 

Étymon nº 312 {q,l} : بلق balaqa, سلق salaqa, سلقى salqā, شقل šaqala, شلق šalaqa, صلق ṣalaqa, ملق malaqa, دوقل dawqala, قلعف qal‛afa

 

NB : Le nombre relativement important de racines apparemment construites sur cet étymon {q,l} est à mettre en rapport avec quelques racines non ambigües signalées par B&B (p. 128). On notera que ces racines n’ont certes pas un sens sexuel explicite mais qu’elles en sont proches, au vu des parallélismes sémantiques rencontrés dans notre première partie :

 

قلقل qalqala remuer, agiter, secouer – قلقل qulqul rapide à la course (cheval)

قلوة qilwa bête de somme qui va à un pas très rapide [50] 

لقلق laqlaqa agiter qqch de manière qu’on entende le bruit

ولق walaqa marcher d’un pas accéléré (chameaux) – ولقى walqā rapide à la course (chamelle) [51] 

 

3.4. Les racines composées des trois mêmes consonnes

 

{b,,l} : حبل ḥabala, لحب laḥaba

{b,r,š} : بشر bašara, شبر šabara

{b,s,‛} : سبع saba‛a, عسب ‛asaba

{b,r,k} : بكر bakara, كبر  kabara (Cf. akkadien rikibtu “copulation”)

{ǧ,d,l} : جلد ǧalada, دجل daǧala

{ǧ,m,‛} : جمع ǧama‛a, معج ma‛aǧa

{,f} : فاحشة fāḥiša, فشح fašaḥa

{d,r,s} : درس darasa, دسر dasara

{d,r,‛} : ردع rada‛a, عرد ‛ard

{d,z,‛} : دعز da‛aza, زدع zada‛a, عزد ‛azada

{r,z,‛} : زعر za‛ara, عزر ‛azara

{r,‛,f} : عرف ‛arafa, فرع fara‛a

{s,ṭ,‛} : طسع ṭasa‛a, طعس ṭa‛asa

{z,ṭ,‛} : طزع ṭaza‛a, طعز ṭa‛aza

etc.

 

 

4. Les racines quadriconsonantiques

 

 

Ouvrage de référence : Karim Bachmar, Les quadriconsonantiques dans le lexique de l’arabe, thèse de doctorat soutenue à École Normale Supérieure de Lyon en 2011.

 

NB : Plusieurs de ces racines étant monosémiques, nous répétons néanmoins ici à leur sujet ce que nous avons déjà dit plus haut. (I, 8.).

 

Inventaire

 

حنبس ḥanbasa couvrir une femelle

دربخ darbaḫa se prêter à la copulation (pigeon femelle)

دوقل dawqala cohabiter avec une femme

سلقى salqā cohabiter avec une femme

شفتن šaftana cohabiter avec une femme

عزلب ‛azlaba cohabiter avec une femme

قحطر qaḥṭara cohabiter avec une femme

قزبر qazbara cohabiter avec une femme – قزبر quzbur pénis long et gros

قلعف qal‛afa – IV. couvrir la femelle (chameau)

قمطر qamṭara violer une fille

قنطر qanṭara forcer une fille

نهرج nahraǧa cohabiter avec une femme

 

Commentaire

 

حنبس ḥanbasa couvrir une femelle

 

Notre analyse : il pourrait s’agir d’une sorte de « racine-valise » fabriquée à partir de حنأ ḥana’a “cohabiter avec une femme” et de نبس “nabasa s’agiter, se remuer”. Pour Bachmar (p. 582), cette racine est au nombre des cas résiduels des formes ABCD régulières.

 

دربخ darbaḫa se prêter à la copulation (pigeon femelle)

 

Nous faisons la même analyse que Bachmar (p. 450) : la racine doit être issue de دبخ dabaḫaII. voûter le dos, et pencher la tête” par incrémentation du r.

 

دوقل dawqala cohabiter avec une femme – دوقل dawqal verge, pénis

 

Ce verbe – absent du corpus de Bachmar – est un probable dénominal de دوقل dawqal, qui a d’abord le sens de “poutre mise en travers dans une embarcation” ; sens qui est aussi celui de دقل daqal dont دوقل dawqal doit être issu par incrémentation interne du glide w.

 

سلقى salqā cohabiter avec une femme

 

Nous faisons la même analyse que Bachmar (p. 561) : il s’agit du radical سلق salaqa, même sens, incrémenté du glide y.

 

شفتن šaftana cohabiter avec une femme

 

Nous faisons la même analyse que Bachmar (p. 545) : la racine doit être issue de فتن fatana VIII. être séduit par la beauté d'une personne et succomber à la tentation” par incrémentation du š.

 

عزلب ‛azlaba cohabiter avec une femme

 

La racine est probablement issue du croisement des étymons {z,‛} et {b,l}, à juger par les verbes synonymes ou parasynonymes de notre corpus : 1. عزج ‛azaǧa, عزد ‛azada, عزر ‛azara, etc. et 2. ولب walaba, لحب laḥaba, لخب laḫaba, etc. Bachmar (p. 552) propose une autre analyse.

 

قحطر qaḥṭara cohabiter avec une femme

 

Notre analyse : il pourrait s’agir d’une « racine-valise » fabriquée à partir de قحط qaḥaṭa – IV. “cohabiter avec une femme” et de حطر ḥaṭara “violer une fille”. Pour Bachmar (p. 582), cette racine est au nombre des cas résiduels des formes ABCD régulières.

 

قزبر qazbara cohabiter avec une femme – قزبر quzbur pénis long et gros

 

Le verbe doit être un probable dénominal de قزبر quzbur, lequel a toutes les apparences d’être construit sur زبّ zubb “verge, pénis” avec double incrémentation du q à l’initiale et du r en finale (voir plus haut 1.1.2.). Bachmar (p. 554) propose une autre analyse : قزب qazaba “voir souvent des femmes, cohabiter souvent” > قزبر qazbara. Mais il est douteux que قزبر quzbur soit un déverbal de قزبر qazbara.

 

قلعف qal‛afa – IV. couvrir la femelle (chameau)

 

Notre analyse : la racine doit être issue du croisement des étymons {q,l} et {‛,f} (voir plus haut). Bachmar (p. 386) propose une autre analyse.

 

قمطر qamṭara violer une fille

 

Notre analyse : la racine doit être issue du croisement des étymons {q,m} et {r,ṭ} (voir plus haut). Elle pourrait aussi l’être de قمط qamaṭa “être en copulation, cocher sa femelle (oiseau) ; cohabiter avec une femme”, par incrémentation du r final. Bachmar (p. 388) propose une autre analyse.

 

قنطر qanṭara forcer une fille

 

Notre analyse : la racine doit être une variante phonique de قمطر qamṭara, sous l’influence du verbe homonyme signifiant cambrer (donner à une construction la forme d'un arc). Bachmar (p. 391) propose une autre analyse.

 

نهرج nahraǧa cohabiter avec une femme

 

Nous faisons la même analyse que Bachmar (p. 483) : la racine doit être issue de هرج haraǧa cohabiter avec une femme par incrémentation du n initial.

 
 

Conclusion

 

 

Dans un article qui date d’une dizaine d’années [52], le professeur Fethi Ben Slama rappelait que « jusqu’au début du xx e siècle, il n’y a pas dans la langue arabe et la conception islamique les notions de « sexualité », « d’instinct sexuel » et encore moins de « rapport sexuel » [...]. Pourtant la langue arabe est très riche en termes qui décrivent l’expérience sexuelle. » Nous espérons, dans notre étude, avoir rendu compte aussi bien de cette richesse lexicale que des liens sémantiques que les mots tissent entre eux et des relations métaphoriques qu’ils recèlent.

 

Il serait intéressant de pouvoir confronter ce lexique classique à son équivalent moderne. Beaucoup de mots et de racines ont disparu, d’autres sans doute sont apparus, dans la langue écrite et plus encore dans les parlers régionaux, qui révèleraient peut-être une évolution des mentalités. Fethi Ben Slama signale notamment l'apparition au XXe siècle d'acceptions du nom جنس ǧins et de l’adjectif جنسيّ ǧinsiyy qui permettent enfin de parler du sexe et du sexuel, mais il doit y en avoir beaucoup d’autres, plus vulgaires, populaires, familiers ou argotiques, plus imagés et par là plus révélateurs sur les esprits des individus qui les produisent, les utilisent et les répandent.

 

Mais peut-être notre travail servira-t-il surtout de base de départ à une œuvre plus ambitieuse où les mots et racines relevés par nous apparaîtront en contexte dans des citations référencées et datées qui relativiseront l’importance des uns par rapport aux autres. Alors, et alors seulement, sera-t-il permis d’aller au-delà de la stricte étude linguistique pour traiter de l’imaginaire collectif des arabophones de l’époque classique et vérifier si les « affaires du sexe » relèvent bien d’un ars erotica, comme Michel Foucault croyait pouvoir le dire à leur propos [53], ou simplement de la pulsion banale, naturelle et plutôt violente que connaissent depuis l’aube des temps tous les êtres vivants dans la frénétique soif de reproduction de leurs diverses espèces.

 

 


RÉFÉRENCES

 

Source principale

 

Kazimirski, A. de Biberstein, 1860, Dictionnaire arabe-français, Paris, Maisonneuve et Cie.

[En ligne] https://archive.org/details/dictionnairearab01bibeuoft

 

Sources secondaires

 

Association Assyrophile de France, Dictionnaire akkadien.

[En ligne] http://www.assyrianlanguages.org/akkadian/index_fr.php.

Dozy, Reinhart, Supplément aux dictionnaires arabes, Leyde, E. J. Brill, 1881.

DRS = Cohen, David, 1970, Dictionnaire des racines sémitiques ou attestées dans les langues sémitiques, Paris / La Haye, Mouton (fasc. 1 et 2).

ETYMARAB, 2016, Etymological Dictionary of Arabic

[En ligne] https://www2.hf.uio.no/polyglotta/

Johnson, Francis, 1852, A Dictionary, Persian, Arabic and English, Londres, W.H. Allen.

[En ligne] https://archive.org/details/dictionarypersia00johnuoft

Wehr, Hans, 1966, A Dictionary of Modern Written Arabic, edited by J. Milton Cowan, Ithaca NY, Cornell University Press.

 

Études

 

Bachmar, Karim, 2011, Les quadriconsonantiques dans le lexique de l’arabe, thèse de doctorat soutenue à École Normale Supérieure de Lyon.

[En ligne] https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00672544/document.

Ben Slama, Fethi, 2006, « Le sexuel monothéiste et sa traduction scientifique », Cliniques méditerranéennes 1/2006 (no 73), p. 89-95.

[En ligne] http://www.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2006-1-page-89.htm.

B&B = Bohas, Georges et Bachmar, Karim, 2013, Les étymons en arabe. Analyse formelle et sémantique. Recherches, n° 23, Beyrouth, Dar El-Machreq.

Bohas, Georges et Saguer, Abderrahim, 2012, Le son et le sens, Fragment d’un dictionnaire étymologique de l’arabe classique, Damas, Presses de l’IFPO.

Bohas, Georges, 1997, Matrices, Étymons, Racines, Leuven-Paris, Peeters.

Foucault, Michel, 1976, La volonté de savoir, Paris, Gallimard.

Masson, Michel, 1991a, « Étude d’un parallélisme sémantique : « tresser » / « être fort », in Semitica XL, p. 89-105, Paris, Maisonneuve.

Masson, Michel, 1991b, « Quelques parallélismes sémantiques en relation avec la notion de « couler », in Semitic Studies in honor of Wolf Leslau, p. 1024-1041, Wiesbaden, Otto Harrassowitz.

Rolland, Jean-Claude, 2016, Dix études de lexicologie arabe, Meaux, Rolland.

Sibony, Jonas, 2016, « Les mots du mariage en langue arabe », in Lettre de la SELEFA nº 5, juin. [En ligne] http://www.selefa.asso.fr/AcLettre_05.htm.


 

 


 

Annexe :

 

Lettre ouverte à Jonas Sibony à propos de son article

 

Les mots du mariage en langue arabe :

 

 زواج zawāǧ, قران qirān, عرس ᶜurs et زفاف zifāf [54]

 

 

 

 

Cher Jonas,

 

J’ai lu ton article avec d’autant plus de plaisir et d’intérêt que je n’avais malheureusement pas pu assister à ton intervention à la réunion d’avril de la SELEFA [55]. Il se trouve que depuis quelques mois, je travaille sur un sujet – l’acte sexuel – qui n’est évidemment pas sans rapport avec le tien. D’où ma rapide réaction. Je suis encore loin d’avoir fait le tour de la question, mais les éléments que j’ai déjà collectés et partiellement analysés devraient me permettre d’apporter peut-être à ta propre recherche d’autres perspectives. J’ai choisi le mode de la « lettre ouverte » de façon à ce que nos amis de la SELEFA, qu’ils aient été auditeurs d’avril ou lecteurs de juin, puissent participer à notre échange et éventuellement y intervenir.

 

Je pourrais revenir en conclusion sur certaines questions d’ordre général que tu abordes ici ou là au fil de ton texte, car elles méritent réflexion et discussion, mais elles seront plus faciles à traiter à la lumière de ce qui aura émergé à propos des quatre signifiants arabes du mariage que tu as judicieusement choisis, زواج zawāǧ, قران qirān, عرس ᶜurs et زفاف zifāf. Je commencerai par les deux premiers.

 

1. قران qirān et زواج zawāǧ

 

Je rapproche moi aussi ces deux termes mais pour une raison différente de la tienne. Je crois en effet que leur point commun est d’être issus de noms-bases au sens fondamental de « deux, paire, couple, joindre, etc. » d’une très haute antiquité, d’une époque en fait probablement antérieure à la délimitation des domaines sémitiques et indo-européens.

 

1.1. قران qirān

 

Tu dis :

 

Deux sens sont généralement donnés à la racine √qrn en sémitique commun : la « corne » et le « halo de lumière ». En revanche, en arabe se détache un troisième sens autour du verbe qarana : « accoler, accoupler, ajouter, allier, coupler », qui donne lui-même un maṣdar, un nom verbal, sous la forme qirān « l’alliance, le couple, le mariage ».

 

Oui, ce sont des sens différents, mais qui sont liés entre eux :

– le « halo » de lumière, c’est plutôt des « rayons » qui, tels des cornes, jaillissent de la tête de Moïse. Simple dérivation métaphorique.

– le verbe قرن qarana, dont le premier sens est atteler deux chameaux ensemble, est un dénominal de قرن qarn : si l’on excepte la corne nasale du rhinocéros et celle de la fabuleuse licorne, aussi bien chez les bêtes bien réelles dites « à cornes » que dans le surnom d’Alexandre, ḏū l-qarnayn, les cornes vont généralement par deux.

 

Donc oui, قران qirān « mariage » est bien un masdar de قرن qarana « accoupler », plus exactement de sa forme III, mais قرن qarana est directement issu de قرن qarn « corne ». Peut-être est-ce ce que tu voulais dire mais on ne perd rien à préciser la filiation directe avec قرن qarn et à souligner la haute antiquité de ce mot. Ajoutons, pour faire bonne mesure et fournir une transition avec ce qui suit, qu’on croit généralement le latin cornu issu de la racine indo-européenne *ker- « objet dur et protubérant, corne, tête ». Qu’il ait peut-être quelque chose à voir avec la racine sémitique √qrn ne semble pas avoir effleuré l’esprit des étymologistes.

 

1.2. زواج zawāǧ

 

Il y aurait de quoi écrire un livre passionnant sur les deux racines, l’une sémitique zwǧ, l’autre indo-européenne *ieu-g- (où *ieu- est la racine stricto sensu et *-g- un suffixe), que tu cites à juste titre à propos de زواج zawāǧ. Tu as apporté beaucoup d’éléments au dossier, je me contenterai d’ajouter ici rapidement quelques mots qu’on ne peut passer sous silence :

 

Je crois qu’un lointain ancêtre de زواج zawāǧ est un très vieux mot qui a signifié soit « deux » soit « joug », soit indifférement l’un et l’autre, et dont l’étymon, au sens bohassien du terme, est {z,w}, comme semblent le prouver

 

– les racines non ambigües

 

زوّ zaww paire, couple, deux (ǧā’a fulān zawwan Untel est venu avec un autre)

زوّى zawwā reconduire la mariée chez son mari (cf. zaffa)

متوازٍ mutawāzin parallèle (racine وزى wzy)

 

– et peut-être aussi les racines plus ambigües

 

وزع wazaa diviser, partager

وزن wazn poids égal à un autre ; partie qui est le pendant d’une autre

 

Je note au passage que ces cinq racines – il y en a probablement d’autres, je n’ai pas fait une recherche exhaustive – constituent, à mon avis, un indice fort 

– que زوج zawǧ ne vient pas du grec mais est bel et bien sémitique ;
– qu’en sémitique comme en indo-européen la gutturale finale est un crément. 

 

Pour ce qui est du grec, on ne saura sans doute jamais lequel des deux mots ζεῦγος zeûgos, « paire » (que tu cites) ou ζυγόν zugón, « joug » est à l’origine de l’autre, et c’est sans grande importance, mais le plus curieux, c’est que le z initial grec est unique au sein des cognats indo-européens. Au point qu’il n’est pas interdit d’imaginer que ces deux vieux mots grecs soient plutôt issus du sémitique, domaine dans lequel, comme tu le montres, le z est partout la consonne initiale. (J’ai oublié si Michel Masson aborde cette question dans son livre Du sémitique en grec, que je n’ai malheureusement pas emporté dans les bagages de ma migration estivale.)

 

2. عرس ᶜurs

 

Tu dis d’abord :

 

la racine de base √ᶜrs semble avoir le « mariage » comme centre sémantique

 

et plus loin, après avoir longuement et savamment voyagé dans l’univers sémitophone :

 

L’hypothèse d’un rapport génétique entre ces différentes formes laisse supposer un environnement sémantique de départ : « joie » / « célébration » / « mariage ».

 

Loin de nier l’intérêt que présente le recours aux cognats dans les autres langues sémitiques, je m’étonne que tu n’aies pas songé à explorer en premier lieu le lexique arabe, ce qui, comme j’espère pouvoir le démontrer, t’aurait apporté d’utiles informations, notamment que le parallélisme sémantique jeu ou joie / mariage est effectivement présent non seulement dans la racine عرس √ᶜrs mais dans d’autres, corroborant ainsi ta propre recherche. Surtout, il y a, dans un certain nombre de racines, d’autres parallélismes que tu n’as pas relevés, et qui me semblent au moins aussi importants.

 

Voyons donc, pour commencer par le commencement, ce que Kazimirski a à nous dire de cette racine عرس √‛rs, et tout particulièrement du verbe عرس ‛arasa (je laisse de côté les mots et sens sans intérêt pour notre propos) :

 

عرس ‛arasa u 1. lier un chameau en attachant avec une corde un de ses pieds de devant à son cou, pour l’empêcher de s’éloigner quand on veut s’arrêter un instant (...) 3. être toujours gai, joyeux. 4. cohabiter avec une femme (...) IV. (...) 3. donner un repas de noces (...) 5. voir sa femme, cohabiter avec elle. V. prendre ses ébats avec sa femme et en raffoler.

 

Notons le sens 1 de la première forme qui nous rappelle curieusement notre “elle lui a passé la corde au cou” en parlant d’une femme qui a réussi à épouser l’homme convoité. Ce sens concret et ce parallélisme retrouvé en français me fait déjà douter un peu que le “joyeux mariage” soit le centre sémantique de la racine alors qu’il n’est évoqué que par le sens 3 de la forme IV. Car pour le reste, il apparaît clairement à travers les sens I-4, IV-5 et V, que ce dont il s’agit ici, c’est bel et bien d’abord et surtout de rapports sexuels, comme le confirme la locution rencontrée plus loin laylat al-ta‛rīs “nuit de la consommation du mariage”.

 

Comme je l’ai dit plus haut, ce parallélisme sémantique rapport sexuel // mariage se retrouve dans d’autres racines arabes :

 

بضع baḍa‛a – III. cohabiter avec une femme – بضع buḍ‛ parties de la génération de la femme // IV. unir par mariage une femme à un homme – بضع buḍ‛ mariage

بعل ba‛ala – III. prodiguer des caresses l’un à l’autre (surtout en parlant de la femme à l’égard du mari) – بعال bi‛āl cohabitation entre mari et femme // بعل ba‛ala I et III. se marier

حصن ḥaṣana – V. devenir étalon, propre à couvrir les juments // I et IV. se marier

دخل daḫala cohabiter avec une femme // دخول duḫūl mariage, noces

سرّ sirr cohabitation avec une femme // سرّ sirr mariage

شبر šabara couvrir une femelle // شبر šabr mariage

 

et surtout dans la racine bien connue et encore vivante,

 

نكح nakaḥa cohabiter avec une femme // prendre femme, contracter mariage

نكاح nikāḥ copulation, coït // mariage

 

probablement apparentée par l’étymon {n,k} à la racine non ambigüe ناك nāka i “cohabiter avec une femme” que l’argot français a repris sous la forme niquer.

 

Comme tu le sais, j’aime travailler à la fois à partir de la méthode de Michel Masson et de la théorie de Georges Bohas car les deux se complètent merveilleusement. Pour parler en termes “bohassiens”, je crois que la racine عرس √ᶜrs est construite sur l’étymon {r,‛}, à juger par sa proximité morpho-sémantique avec les racines suivantes :

 

– Ordre ‛r

 

Racine non ambigüe

 

يعارة ya‛āra arrivée d’un étalon auprès d’une femelle avec l’intention de la couvrir

 

Racines ambigües

 

زعر za‛ara cohabiter, être en copulation

عتر ‛atara être en érection (verge)

عذر ‛aḏara déflorer une vierge

عرد ‛ard qui est en érection (membre viril)

عرف ‛arafa connaître une femme (au sens « biblique »)

عمرة ‛umra cohabitation du mari avec sa femme, nouvellement mariée, dans la maison des parents de la femme

عهر ‛ahara commettre l’adultère ou la fornication avec une femme

 

– Ordre r‛

 

Racine non ambigüe

 

روعة raw‛a assaut qu’un étalon fait sur une femelle

 

Racines ambigües

 

ردع rada‛a cohabiter avec une femme

رصع raṣa‛a cohabiter avec une femme

فرع fara‛a déflorer une fille

قرع qara‛a couvrir la femelle – VIII. déflorer une fille

 

On voit que, dans cet inventaire, l’acte sexuel, le plus souvent violent et illégal, l’emporte de loin sur la notion de mariage, à peine représentée.

 

3. زفاف zifāf

 

Il nous reste à examiner le cas de زفاف zifāf “mariage, noces”, lui aussi masdar d’une forme III non représentée.

 

Tu dis :

 

La dérivation sémantique qui mène au sens de mariage pourrait s’être faite autour de l’image de la « procession », elle-même étant une spécification du sens initial de « mouvement ». Le verbe zaffa, signifie à la fois « reconduire la mariée à la maison de son mari », « donner sa fille en mariage » et « accélérer, se dépêcher, presser le pas ». Le glissement serait alors le suivant : « marcher, presser le pas » puis rétrécissement de sens par la contextualisation de cette marche, qui donne : > « conduire, accompagner la jeune mariée », puis substantivation > zifāf, « mariage, noces ».

 

En effet, le verbe زفّ zaffa a pour sens, entre autres, et en gardant la numérotation de Kazimirski : “1. reconduire la mariée à la maison de son mari (...) 3. accélérer le pas, courir, se dépêcher en marchant”.

 

Tu utilises sagement les conditionnels “pourrait, serait”... Tu auras compris, à la lumière de ce que j’ai dit plus haut à propos de la racine عرس √ᶜrs, que j’ai quelque doute quant à la filiation sémantique marche rapide > procession > mariage que tu proposes. On ne trouve en effet ce parallélisme dans aucune autre racine relative au seul mariage. Je fais donc quant à moi plutôt l’hypothèse que la racine زفّ zaffa, elle aussi, a dû avoir ou pourrait avoir le sens d’accomplir l’acte sexuel, et que c’est ce sens, ici implicite, perdu ou potentiel, qu’il faut placer dans ton schéma là où tu situes procession.

 

Commençons cette fois-ci par la théorie de Bohas : زفّ zaffa est une racine non ambigüe construite sur l’étymon {z,f}. Je n’ai pas beaucoup de racines apparentées à te proposer, mais j’en ai tout de même relevé trois qui me semblent intéressantes :

 

– Ordre zf

 

زرف zarafa faire un saut ; marcher avec rapidité – II. faire passer un objet dans un autre – VII. pénétrer

 

– Ordre fz

 

حفز ḥafaza cohabiter avec une femme ; faire marcher devant soi, pousser, suivre aussitôt, sans intervalle

ضفز ḍafaza cohabiter avec une femme ; se mettre à courir ; sauter

 

C’est bien peu, je le reconnais. En revanche, comme tu vas le voir, ma pêche au parallélisme sémantique copulation // marcher vite a été beaucoup plus fructueuse. Outre les trois racines ci-dessus, dans lesquelles ce parallélisme est patent, voici ce que j’ai trouvé :

 

أرّ ’arra cohabiter avec une femme // VIII. se hâter, se dépêcher

أار ’āra u forcer une femme, cohabiter avec elle // X. s’enfuir, se sauver à travers les champs (chameaux)

بغى baġā i commettre la fornication ou l’adultère // être agile et rapide à la course

بكر bakara – VIII. déflorer une fille // بكر bakira se hâter

بلق balaqa violer, forcer une fille // marcher avec rapidité, presser le pas

دمّ damma couvrir la femelle // marcher vite

دمك damaka couvrir la femelle // passer rapidement (lièvre)

ذرا ḏarā – X. couvrir la femelle // partir, se mettre à courir (gazelle)

زخّ zaḫḫa cohabiter avec une femme // faire marcher d’un bon train

زدع zada‛a cohabiter avec une femme // مزدع mizda‛ agile et qui va vite en besogne

سلق salaqa cohabiter avec une femme // courir

شأز ša’aza cohabiter avec une femme // VIII. se sauver, s’enfuir (de peur)

شمر šamara – IV. féconder une femelle // I. se dépêcher, marcher vite

شمل šamala cohabiter avec une femme // II. marcher avec rapidité

عذر ‛aḏara déflorer une vierge // V. s’enfuir

عسب ‛asaba saillir, couvrir une femelle // IV. s’enfuir (loup)

عسل ‛asala cohabiter avec une femme // courir rapidement

عفج ‛afaǧa cohabiter avec une femme // إعفنجج i‛fanǧaǧa marcher vite, d’un pas accéléré

عفق ‛afaq mâle qui s’accouple coup sur coup avec la femelle // عفق ‛afaqa marcher, courir rapidement

لحب laḥaba cohabiter avec une femme // enfiler son chemin, c’est à dire passer tout droit et rapidement

مطا maṭā cohabiter avec une femme // faire marcher rapidement sa bête de somme

معج ma‛aǧa forcer une fille // se dépêcher en marchant, accélérer le pas

ملخ malaḫa cohabiter avec une femme // marcher d’un pas vigoureux

ملق malaqa cohabiter avec une femme ; saillir une jument // marcher d’un pas vigoureux

مهك mahaka fatiguer, éreinter qqn (surtout une femme dans la cohabitation) // marcher vite, se dépêcher

نجر naǧara cohabiter avec une femme // mener vigoureusement, faire marcher devant soi

نزازة nuzāza mâle très ardent au coït // نزّ nazza se mettre à courir (gazelle)

نزق nazaqa saillir une jument // dépasser les autres chevaux à la course

هبّ habba frémir, tressaillir et se jeter avec impétuosité sur la femelle (bouc en rut) // être vif, ardent à la marche

هبهب habhaba frémir, et se jeter avec impétuosité sur la femelle (bouc en rut) // marcher d’un pas rapide

هرج haraǧa cohabiter avec une femme // courir beaucoup, sans cesse

هواس hiwās coït, copulation // هوس hawasa marcher d’un pas ferme et vigoureux

وغف waġafa s’agiter, se remuer (se dit surtout d’une femme pendant la cohabitation) // se mettre à courir

ولب walaba – V. être couverte par le mâle // aller vite, se hâter, accélérer le pas

 

On cherchera en vain la notion de mariage dans cet inventaire d’une cinquantaine de racines.

 

Je ne m’avancerai pas trop sur les raisons du parallélisme copulation // marcher vite ainsi établi, bien qu’il ne soit pas absurde d’imaginer qu’une certaine phase du rapport sexuel – explicite dans les verbes مهك mahaka et وغف waġafa – ait quelque chose à voir avec une marche rapide. D’autres verbes – هبّ habba et هبهب habhaba – donnent à penser qu’il s’agit plutôt de l’absence des “préliminaires”. En français, par exemple, quand on “fout le camp”, c’est généralement en quatrième vitesse. Ou tout simplement, à en juger par les deux sens de la racine ومز wamaza – V. “se dresser (pénis) // s’ébranler pour se mettre en marche, pour marcher”, l’ensemble de l’acte sexuel qui suit l’érection est considéré comme une activité mouvementée qui est une métaphore de la marche rapide. Quoi qu’il en soit, comme l’écrit quelque part Michel Masson, à peu près dans ces termes, on n’a pas toujours la possibilité d’expliquer un parallélisme sémantique, mais il est déjà bien utile d’en constater l’existence.

 

J’espère t’avoir apporté ainsi la preuve que la filiation sémantique à retenir pour زفاف zifāf est probablement la suivante :

 

marche rapide > (copulation) > mariage

 

encore que marche rapide et mariage pourraient aussi être deux termes afférents du terme central copulation, lui-même dérivé de sperme et de couler. (Cf. Masson, Quelques parallélismes sémantiques en relation avec la notion de « couler », in Semitic Studies in honor of Wolf Leslau, p. 1024-1041, Wiesbaden, Otto Harrassowitz, 1991). Quoi qu’il en soit, la copulation est indiscutablement au programme du mariage, mais elle peut s’en passer. L’inverse, appelé « mariage blanc », est exceptionnel.

 

Il y aurait encore certainement à dire sur le rapprochement que tu fais, en fin d’article, entre les notions de mariage et de circoncision, mais je ne suis pas assez avancé dans ma propre recherche pour pouvoir aborder ici et maintenant cette question. Rendez-vous à plus tard, donc, pour la suite, si suite il y a. Ce que j’espère.

 

Bien amicalement

 

Jean-Claude, juin 2016

 

 

 

Notes


[1] Cette étude a d’abord été publiée dans Langues et littératures du monde arabe, LLMA nº 11, 2017.

[2] Exactement 349 pour le seul Kazimirski. Un peu plus si l’on y ajoute les quelques racines trouvées dans les sources secondaires (Dozy, Johnson, etc.)

[3] Seules 28 racines sont monosémiques, du moins dans le dictionnaire de référence. Elles échappent de ce fait à la méthode des parallélismes sémantiques et font donc l’objet d’un examen particulier sur d’autres critères. (Voir I, 8).

[4] Le verbe signifie également « peser (des pièces de monnaie) ; être importun, ennuyer qqn, lui être insupportable », et le nom « fil à plomb ». Ces deux acceptions relèvent vraisemblablement d’une racine homonyme apparentée à – ou variante de – ثقل ṯaqula « être lourd ». Quant au verbe à sens sexuel, il semble être plus probablement apparenté par l’étymon {q,l} à un assez grand nombre de racines ambigües de notre corpus : بلق balaqa, سلق salaqa, سلقا salqā, شلق šalaqa, صلق ṣalaqa, ملق malaqa et دوقل dawqala.

[5] Terminologie de Georges Bohas.

[6] Cette racine est à l’origine du fr. argot. zob > ziber.

[7] Cf. également l’algérien شاكور šākūr « clitoris ». (Merci à Slimane Zeghidour pour cette information.)

[8] Kazimirski dit pudiquement « épouser une femme », mais c’est un évident euphémisme.

[9] C’est l’une des rares racines où il est fait explicitement état de l’activité féminine. 

[10] La forme مسيح masīḥ a non seulement le sens de “Messie, Oint” mais aussi celui de “qui s’adonne trop souvent au coït”...

[11] Le Dictionnaire des racines sémitiques dit plus sobrement « éjaculer ».

[12] Et donc avoir le nez qui coule... (Cf. الأسهران al-asharāni « le nez et le pénis »)

[13] Par ce seul mot universellement connu et employé, la langue espagnole désigne à la fois le mâle des animaux et celui de l’espèce humaine.

[14] Dictionnaire des racines sémitiques.

[15] Ce parallélisme semble donner un indice sur les positions respectives adoptées par les partenaires. Sans contexte, il est difficile d’en savoir plus.

[16] On voit que l’euphémisme « connaître une femme » n’est pas une spécificité française ou biblique.

[17] On notera l’absence surprenante de l’arabe نقب naqaba “percer” dans notre corpus. Un dictionnaire ne donnant jamais qu’une vision restreinte de la réalité lexicale, il ne faudrait pas pour autant s’étonner de le trouver au détour d’un texte avec le sens de “copuler”.

[18] ناك nāka i est probablement le verbe qui a donné le français argotique « niquer ». Son cognat akkadien est niāku.

[19] On verra plus loin que ce verbe peut être considéré comme issu du croisement des étymons synonymes {k,m} et {l,m}. Un homonyme, qui a le sens de pétrir comme il faut la farine, la pâte, et lui donner de la mollesse”, fait quant à lui partie d’une série de parasynonymes construits sur l’étymon {k,l} :  لكّ lakka mêler, mélanger, brouiller”, لمك lamaka “pétrir”, لبك labaka mêler, pétrir, brouiller, embrouiller”, etc. 

[20] C’est l’un des nombreux mots désignant la prostituée ou la femme adultère. Nous avons retenu celui-ci car il a également, en parlant d’un homme, le sens de ”qui a l’éjaculation du sperme avant le coït”. (Voir 2.4.)

[21] On verra plus loin que cette racine vedette est en outre construite sur l’étymon vedette {r,ṭ}.

[22] Cette racine a aussi, comme بنى banā, le sens d’engraisser. Sans doute ce parallélisme sémantique a-t-il à voir avec la fécondation (cf. fr. engrosser), mais c’est une conséquence de l’acte reproducteur plutôt qu’une de ses phases. (Voir Deuxième partie, racines non ambigües, étymon nº 49.)

[23] Voir aussi en II, 2.1. ce que nous disons de l’étymon nº 49 {b,h}.

[24] Bohas et Bachmar n’ont pas tenu compte de cette racine et en ont conclu que l’étymon {ḏ,ġ} ne se réalisait que dans le sens ġḏ. On voit qu’il n’en est rien.

[25] ... que nous écrirons désormais « B&B ».

[26] Par une amusante coïncidence, on y trouvera notamment le mot فطر fuṭr « sorte de champignon vénéneux »...

[27] On verra plus loin qu’elle peut aussi être théoriquement associée aux racines placées sous la dépendance de l’étymon nº 191 {r,s}.

[28] حرثة ḥurṯa bas du gland de la verge – حرث ḥarṯ cohabitation accompagnée de violence, etc.

[29] Ce mot signifie « prostitution » (DRS, 2, p. 91). La racine est bien chez Kazimirski mais non le mot. Il ne fait donc pas partie de notre corpus mais nous avons cependant jugé utile de le faire figurer au moins ici. À ces racines peut également être ajoutée la racine non ambigüe وثب waṯaba (‛alā) « violer une femme » (Dozy II, p. 779).

[30] Notons aussi ظباء ẓibā « parties sexuelles de la femme » et بظر bar « clitoris ».

[31] Autre racine trouvée chez Dozy (II, p. 220) : غلب ġalaba « violer une femme ».

[32] À propos de cette racine, on lira en annexe, dans notre Lettre ouverte à Jonas Sibony, que l’existence d’un étymon {z,w} n’est pas à exclure. Auquel cas elle pourrait être considérée comme issue du croisement des deux étymons {z,w} et {ǧ,z}.

[33] Notons aussi نيزج nayzaǧ « parties naturelles de la femme avec un clitoris très développé ».

[34] Et peut-être aussi, trouvé chez Johnson, دخز daḫz « coition ».

[35] À noter que ce mot, dont on a vu plus haut qu’il signifie « masturbation », est évidemment apparenté à ضخّ ḍaḫḫa « répandre de l’eau çà et là ». L’étymon {ḫ,ḍ} est de ce fait bel et bien réversible, ce qui a échappé à B&B.

[36] Cf. akkadien ṭeḫû « copuler ».

[37] Notons aussi وذرة waḏra « clitoris ».

[38] Autres racines trouvées chez Dozy : فرس farasa – VIII. « violer une femme » (II, p. 252) et فسد fasada – IV. « id. » (II, p. 265).

[39] Et aussi فضح  faḍaḥa « violer, faire violence à une fille, déshonorer une femme » (Dozy II, p. 265).

[40] Et aussi حكم ḥakama – VIII. « connaître une femme, avoir avec elle un commerce charnel » (Dozy II, p. 310).

[41] Notons aussi قهقه   qahqaha  “éclater de rire”, et قوّه   qawwaha “crier”.

[42] Et aussi la forte chaleur (حمي ḥamiya brûler, chauffer”, حمّ ḥamma chauffer”) ainsi que les envies de femme enceinte (وحم waima).

[43] Cf. akkadien patū « ouvrir ; copuler ».

[44] Racines auxquelles, bien évidemment, s’ajoute متع √mt‛متعة mut‛a « commerce charnel » – V et X. « jouir d’une femme, connaître, cohabiter avec une femme » (Dozy II, p. 567).

[45] Cf. جاف ğāfa “être creux, concave”, فجا fağā “avoir les jambes écartées”, فجّ fağğa “écarter les jambes”...

[46] Et peut-être aussi, trouvé chez Johnson, دخز daḫz « coition ».

[47] Notons عطعط   ‛aṭ‛aṭa “crier, faire du vacarme” et عيّط   ‛ayyaṭa “crier, appeler, pleurer” que B&B n’ont pas relevés.

[48] Cf. akkadien ǧarāšu aller vers ; copuler, et ǧurišt- vulve. (Article GRŠ du Dictionnaire des racines sémitiques, fasc. 3, p. 193).

[49] On trouve aussi, construits sur cet étymon, des mots qui ne sont certainement pas sans rapport avec notre sujet comme جورة ǧūra, creux, trou, وجر wağr caverne, grotte, et جريرة ǧarīra péché, délit, crime”.

[50] Cf. dialecte marocain  قلاوي qlāwī testicules.

[51] On peut certainement ajouter à cette liste قلق qalaq trouble, désordre et peut-être aussi le mot قلقلان qulqulān, nom d’un aphrodisiaque à base de la plante appelée قلقل qilqil.

[52] « Le sexuel monothéiste et sa traduction scientifique », voir bibliographie.

[53] Dans La volonté de savoir, Paris, Gallimard, 1976.

[54] L’article de Jonas Sibony est paru dans la Lettre de la SELEFA nº 5 de juin 2016, à l’adresse suivante : http://www.selefa.asso.fr/AcLettre_05.htm. Avec l’accord de Jonas Sibony, cette Lettre ouverte a été adressée peu de temps après par Roland Laffitte à tous les membres de la SELEFA.

[55] Société d’études lexicologiques et étymologiques françaises et arabes.